Nous sommes tous des légumes moches

Vous trouverez ci-dessous des articles de MerlIn Voiforte que je trouve très intéressants. J’ai découvert Merlin quand il a eu la gentillesse de me citer quand je disais que le chômage pouvait / devrait être un critère de discrimination.  Je le remercie car il arrive trop souvent que les idées de quelqu’un sont reprises par un autre sans que la source soit citée. Lisez ce que Merlin nous dit sur la RSE et le chômage et n’hésitez pas à laisser vos commentaires. Vous pouvez aussi suivre Merlin sur Twitter (@MerlinVoiforte), sur Facebook ou sur  le Positive Post.

Nous sommes tous des légumes moches. N° 1 mars 2015

 

Le trou dans le CV ou le syndrome du « légume moche ». Et si la RSE luttait vraiment contre le chômage ? Par Merlin Voiforte

Un retour d’expérience : cette réflexion fait le lien entre des considérations personnelles et des valeurs citoyennes et professionnelles. J’ai dirigé pendant 15 ans des organisations œuvrant dans le recrutement, l’insertion et la formation. Je connais donc bien les politiques d’emploi et de lutte contre les discriminations, publiques et privées. Depuis plusieurs mois, je cherche du travail, assidûment. Je fais partie des 30 % de citoyens qui seront une fois dans leur carrière confrontés à cette situation. J’ai été plusieurs fois en « short list », pour des postes où je correspondais aux critères objectifs exprimés et attendus. Donc « compétent », semble-t-il. Mais dans la majorité des cas, ces recrutements ont abouti à l’embauche d’un(e) candidat(e) qui était déjà en emploi.

Le trou dans le CV, ou le syndrome du «légume moche» : les évaluations du coût économique et sociétal du chômage et de la perte en capital social, individuel et collectif, sont bien documentées. Mais je n’ai trouvé aucune étude publique ou privée comparant les flux d’embauche et la situation des personnes recrutées, chômeurs ou actifs. Les vingt critères légaux de la discrimination à l’embauche ignorent ce motif. Les mouvements de promotion de la diversité et autres labels Diversité n’en font pas plus mention, fondés sur les mêmes critères. Dans la récente enquête Pôle Emploi, les chômeurs eux même n’en parlent pas, paraissant l’avoir oublié ou admis tacitement. Et cependant tous les conseils en recrutement le disent : « Pas de trou dans le CV ! ». Pourtant, quelques travaux scientifiques attestent d’une discrimination larvée. S’agit-il d’une « métadiscrimination », ou d’une vingt et unième discrimination, taboue, intégrée implicitement par tous les acteurs du corps social ? En m’inspirant de cette récente campagne publicitaire qui fait la promotion des « légumes moches », j’en viens à faire une parabole du marché de l’emploi : on peut en effet envisager comme hypothèse que les recruteurs considèrent d’un œil circonspect un candidat sans travail depuis plusieurs mois. Et que leur doute augmentant proportionnellement à la durée de chômage, ils choisissent le « produit » frais, calibré, le plus conforme aux canons du marché en embauchant de préférence une personne déjà en poste. Compétent je suis, mais pas ou plus « employable ».

Le développement durable : un engagement citoyen et entrepreneurial. Les politiques publiques et les mouvements citoyens en charge du développement durable nous incitent à penser pour agir sobrement. L’utilisation du meilleur rapport entre la ressource disponible sur un territoire et le plus faible impact environnemental, autrement dit le circuit court, fait notamment partie des axes de travail. On en trouve des applications dans l’économie circulaire, l’agriculture de proximité, les ressources partagées en services ou en produits, la production et la distribution locales d’énergie, l’insertion par l’activité économique. Les outils de mesures des économies ainsi réalisées et de la valeur ajoutée sont, dans ce domaine, précis et fiable. Ces mêmes principes vertueux conduisent de nombreuses sociétés, associations, et collectivités à s’engager dans des politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), internes (emploi, qualité de vie au travail, gouvernance) ou externes (impact sur l’environnement, activités économiques responsables, implication territoriale). Là encore, il existe des labels, des réseaux d’entreprises, des formations dédiées. La RSE intègre souvent des politiques de lutte contre les discriminations, volontaristes et efficaces, au carrefour des volets internes et externes. Mais adossées aux vingt critères légaux.

Vers un circuit court de l’accès à l’emploi : on peut comprendre la position du recruteur précédemment évoquée. Mais alors, à candidature équivalente ou très proche, quel est l’impact sur l’écosystème social et économique du choix d’un candidat déjà en emploi ? Comment évaluer, faire prendre conscience, mettre au cœur du débat, et quelles actions pour combattre cet à priori discriminant ? Comment faire la promotion d’un circuit court de l’accès et du retour à l’emploi, au croisement des politiques internes et externes de RSE, et pour l’intérêt commun ? Il s’agit de s’interroger sur les moyens d’une spirale dynamique positive et globale, qui permettrait aussi de concentrer les ressources d’appui vers les chômeurs réellement en demande.

Nous sommes tous des « légumes moches » ! Avec un peu de bon sens, d’empathie et de méthode, on peut agir. Je suis prêt à m’engager dans ce mouvement, à en être relais ou catalyseur. Je suis donc à la recherche de partenariats auprès des médias, des réseaux d’entreprises, des collectivités, des universitaires, des professionnels de l’emploi qui permettraient d’approfondir cette piste, de porter le sujet dans le débat politique et citoyen, d’outiller la formation des acteurs et enfin d’évaluer l’impact économique et social. Il s’agit aussi de soutenir, structurer et financer cette démarche, pour que le sujet ne reste pas dans l’ombre. D’ici là, vous comprendrez que je choisisse le CV anonyme, pour éviter de rester moisir au fond d’une cagette !!!

Nous sommes tous des légumes moches ! Une innovation sociale en RSE ? N° 2 mai 2015

 

Résumons.

Les données récentes de l’IFOP (février 2015) pour le Défenseur des Droits font état d’un « sentiment de discrimination » lié à la situation de demandeur d’emploi pour 56 % des sondés, derrière la séniorité, la grossesse, l’aspect physique ou l’origine étrangère présumée, mais avant l’homosexualité ou la jeunesse. La réalité de cette situation n’est actuellement pas chiffrable, ni du côté de demandeurs d’emploi, ni du côté des recruteurs. En revanche, chacun connait dans son entourage proche quelqu’un qui est, a été (ou probablement sera) au chômage, et peut mesurer les effets négatifs qui en découlent.

Si on accepte ce « sentiment de discrimination » pour les autres critères, ce que fait déjà la loi, alors il faut accepter l’idée qu’il repose au moins en partie sur une réalité pour les demandeurs d’emploi. Et de fait, tous les dispositifs publics d’accès à l’emploi et les pratiques de recrutement du secteur privé qui jusqu’alors n’en tiennent pas compte tolèrent une forme de discrimination indirecte.

Les politiques publiques et les champs RSE Emploi / Insertion sont clairement organisés autour des 20 critères légaux de discrimination. Mais comment sont-ils établis ? On peut faire l’hypothèse qu’ils sont issus de jurisprudences liées à l’action de groupes constitués, d’associations de défense d’une partie du corps social visible et agissante. Et comme les demandeurs d’emploi ne sont pas organisés en groupe de pression, cette discrimination n’est pas reconnue ni mesurée. Elle est seulement ressentie.

« Mieux disant » et dialogue social.

Parmi ceux pour qui Nous sommes tous des légumes moches ! est une réalité, l’entreprise peut être en première ligne pour faire bouger les représentations. Les parties prenantes peuvent opter pour une démarche volontariste de « mieux disant » qui s’engage au-delà des discriminations décrites par la loi et des mesures déjà référencées dans les chartes RSE. Compte tenu de la proximité de chaque citoyen avec la question du chômage, cette action permet à chaque collaborateur de l’entreprise de trouver un moyen d’engagement à sa portée, et mesurer l’impact de l’engagement individuel et collectif sur un phénomène économique et social qui concerne chacun. C’est donc un élément du dialogue social, sous condition que toutes les composantes soient associées à sa mise en œuvre. C’est aussi un élément de différenciation dont l’entreprise peut tirer avantage, en particulier dans les clauses d’insertion des marchés publics.

Une innovation : l’indicateur « Légumes moches ».

Il est envisageable de produire un indicateur « Légumes moches » basé sur le ratio de demandeurs d’emploi recrutés et sur les externalités positives que cela provoque. Cela permettrait de rendre lisibles les actions déjà réalisées avec des critères à ce jour rarement utilisés dans le monde de la RSE et dans la norme ISO 26000, et de mesurer rapidement les progrès. Le sujet et la méthodologie créeront à terme une dynamique d’innovation interne et externe qui agit sur l’écosystème de l’entreprise (environnement économique et citoyen) et par effet induit sur l’écosystème de ses collaborateurs (cercle familial et relationnel). C’est un programme axé sur la valorisation de la réussite individuelle et collective. Le sujet se situe aussi au croisement d’autres approches RH / RSE, telles que la prévention des risques psychosociaux (comment mon entreprise de positionne-t-elle sur la prévention du chômage ?) ou la GPEC (comment mon entreprise conçoit-elle la compétence et quelle projection à long terme ?) A terme, des initiatives innovantes regroupées sous l’appellation Nous sommes tous des légumes moches ! pourraient peser sur la vision collective et politique.

Lutter contre les résistances.

S’intéresser aux « Légumes moches », c’est aussi donner à tous des éléments d’analyse et des pistes d’action pour peser sur des comportements souvent clivés qu’on peut comparer aux résistances à l’installation des éoliennes : oui à la transition énergétique, mais hors de ma vue ! Autrement dit, le syndrome NIMBY (Not In My Back Yard).

Je vous propose l’expérience suivante : parlez-en autour de vous, et plutôt à des interlocuteurs réceptifs au sujet. Au bout de quinze à vingt minutes, le débat glissera imperceptiblement sur l’effort nécessaire que doivent encore faire les demandeurs d’emploi pour expliquer ce trou dans le CV, pour apprendre à valoriser leurs compétences et pour se montrer dynamiques, entreprenants et rassurants. Comme les conseilleurs ne sont pas les payeurs, chacun y va de sa « bonne méthode » et il y a autant d’avis que d’interlocuteurs. Mais au fond, c’est toujours à l’autre d’être vertueux le premier, pour que chacun le devienne à son tour. Ce constat vaut aussi semble-t-il pour les femmes, longtemps après le retour d’un congé de maternité ou parental, et pour les parcours professionnels jalonnés de CDD.

Nous sommes tous des légumes moches ! Ça n’est pas…

Des embauches « au rabais » comme des prix de vente au rabais. Des risques accrus liés à un déficit de compétences. Une belle idée sans partage sincère des fondamentaux. Un concept opportuniste. Un propos compassionnel.

A bientôt !

Nous sommes tous des légumes moches ! N°3 Juillet 2015

Un scénario à 2,75 milliards d’euros

Lutter contre une discrimination systémique.

Revenons en préambule sur la situation qui perdure depuis si longtemps. En 2011, Pete Stone (Rouen Business School et Justdifferent.eu) écrivait qu’ «…être au chômage représente un des critères de discrimination les plus importants. Et pourtant, il ne figure pas dans la liste des critères du code du travail et du code pénal. Il s’agit donc d’une discrimination tout à fait légale. Légale, oui, intelligente ? Non ! ». Questionnons-nous individuellement et collectivement sur ce fait. Il existerait donc des discriminations légales ? Il existerait des discriminations intelligentes ? Nous sommes en réalité en face d’une discrimination systémique dont ni le législateur, ni le corps social, ni les discriminés eux même n’ont osé réellement s’emparer. Coexistent ainsi le monde des « outsiders » qui n’ont pas d’emploi, et celui des « insiders » qui en ont un et prient pour ne pas tomber du côté obscur de la force. Quel mouvement, quelle initiative, quel porteur de message saura s’en faire l’écho ? Sans attendre de la loi qu’elle change, « Nous sommes tous des légumes moches ! » propose aujourd’hui des analyses et des actions concrètes à la portée de chaque partie prenante de la collectivité.

Le cout faramineux de la désutilité.

Les études publiques et privées s’entendent pour évaluer le cout annuel du chômage pour la collectivité à 75 milliards d’euros (indemnisations, baisses de recettes fiscales, baisse de pouvoir d’achat) auxquels il convient d’ajouter le cout sanitaire et social (perte en capital social, impact sur la santé, mortalité multipliée par 3). Au total, le cout global est évalué à 110 milliards d’euros par an. Soit, sur la base d’un « stock » de 5 millions de demandeurs d’emploi de catégories A, B ou C, 22000 euros engagés pour chaque personne en situation de désutilité. Il n’est pas ici question de remettre en cause les dépenses de solidarité, mais bien de questionner les moyens pour participer à leur réduction, leur efficience ou leur affectation, en sachant que le premier levier restera la création d’emploi. Mais nous n’en sommes hélas pas encore là ! Il est donc indispensable d’ouvrir des voies alternatives qui resteront ancrées dans les changements de pratique quand le temps de la reprise sera venu.

Contre le gaspillage humain : appliquer les principes de l’économie circulaire

A quelques mois du sommet mondial COP 21, nous sommes informés, sollicités et pour partie convaincus des vertus de l’économie circulaire. Il s’agit de lutter contre les gaspillages énergétiques et de ressources en privilégiant les flux et les achats de matières, d’énergie, de produits ou de service au sein d’un cycle vertueux. Cela n’a rien à voir avec un retour au protectionnisme, puisque les circuits « courts » peuvent aussi être des circuits internationalisés. Nous y trouvons pêle-mêle les indicateurs de mieux être, de biodiversité, de croissance ou de bilan carbone. Mais regardez bien ! Quand est-il réellement question de la préservation de ces ressources qui disparaissent aujourd’hui dans le sable du chômage : le capital humain, l’éducation, la motivation, les compétences, l’intelligence collective. Il est donc temps que les reconnaitre comme ressources fondamentales à préserver et utiliser avec intelligence et humanité.

Jusqu’à 2,75 milliards d’économies à réinvestir : CQFD

Tentons une estimation : 110 milliards de dépenses annuelles, soit 22000 euros pour chacun des 5 millions de personnes qui vivent  le chômage en moyenne 14 mois. De leur côté, les entreprises recrutent annuellement 3 millions de  CDI, mais on n’en connait pas la part de chômeurs. Si on (le « on » est d’importance, car il s’agit bien d’un engagement de chaque partie prenante) se donne comme objectif d’augmenter de 10 %, soit 300000, la part des chômeurs dans ces recrutements et de baisser de moitié la durée moyenne d’inactivité pour les personnes embauchées, on obtient une économie incroyable de 2,75 milliards d’euros par an !!! C’est probablement une estimation basse, puisqu’elle n’intègre ni les CDD longs, ni les autres catégories de chômeurs. Elle prend simplement en compte le flux annuel de contrats durables, et indifféremment les rotations ou les créations d’emploi. Vous avez bien lu : à compétences comparables, une baisse de 10% des situations de discrimination précitées et dues au chômage entrainera une économie collective de 2,75 milliards d’euros par an !!! Est-ce que ça ne vaut pas la peine de tenter le coup, de se pencher sur la question de nos a priori, de nos pratiques, de nos indicateurs ? On peut aussi discuter des chiffres de références, mais ça ne changera pas fondamentalement le raisonnement.

2,75 milliards d’euros par an !!! Combien cela représente-t-il en points de croissance, en heures de formation, en pouvoir d’achat, en signaux positifs qui ne coutent pas un centime de plus et qui valorisent les réussites ? Et pour boucler avec l’économie circulaire, le développement durable et la RSE, tout cela tient de la parabole du colibri popularisée par Pierre Rabhi, celle de la somme des plus petites initiatives.

Rendre visible: un grand compteur national et un indicateur « Légumes moches ! »

Cet élan doit être rendu visible, pour ceux qui le mettent en œuvre et pour ceux qu’on fera enfin sortir de l’ombre, pour une dynamique collective et positive. Imaginons un grand compteur national alimenté par les pouvoirs publics et/ou les entreprises, où chaque contrat de travail signé et assorti d’une sortie durable du chômage serait valorisé à hauteur de l’économie réalisée. Imaginons que les acteurs de ces réussites – les entrepreneurs dans leur politiques RSE, les collaborateurs nouvellement embauchés à l’intérieur des mêmes entreprises, les territoires – puissent revendiquer leur participation à cet élan. Imaginons un portail qui rendrait visible par tous les résultats quotidiens.

Cet indicateur « Légumes moches » est à portée de clic.

A bientôt

Nous sommes tous des légumes moches ! N° 4 septembre 2015

Des pistes pour une économie positive

Les chiffres sont connus : le cout annuel du chômage est estimé entre 75 et 110 milliards d’euros par an, soit 15 à 22000 € par demandeur d’emploi. Un formidable gâchis humain et économique. En attente de reprise économique et de créations nettes d’emploi, comment enrayer cette désutilité et cette évaporation de valeurs ? Chacun connait la discrimination systémique que subit un demandeur d’emploi, le syndrome du « trou dans le CV ». Chômeur égal responsable de son état, égal suspect d’incompétence voire d’assistanat. En quelques mois de chômage, 14 en moyenne, le capital social et professionnel est dissout par les aprioris ancrés dans l’imaginaire collectif auquel nous participons tous implicitement, citoyens, recruteurs et politiques. Car cette discrimination n’est curieusement pas reconnue par la loi.

Au carrefour de l’économie positive et de la RSE, il faut relier ce constat avec les principes de l’économie circulaire. Puisque nous sommes capables de penser une économie et des comportements citoyens d’achats responsables, de circuits courts, d’économie d’énergies et de matières ou de finance responsable, nous devons au même titre considérer la compétence et le capital humain comme une ressource. Cette ressource qu’il faut protéger, valoriser et réutiliser au mieux des intérêts collectifs est couteuse en éducation, en formation et en actualisation et sa dégradation ajoute un cout supplémentaire, celui du chômage. Il faut donc imaginer un circuit court du réemploi des compétences, c’est à dire qui réduit le temps nécessaire à ce réemploi en considérant que c’est ce temps (le chômage) qui produit de la désutilité, de la perte d’employabilité et des dépenses sociales. L’entreprise est en première ligne pour mettre en œuvre ce changement. Engagée en RSE, elle a appris à sélectionner un fournisseur d’énergie verte, des achats responsables ou une banque socialement engagée. Elle a aussi généralement intégré l’importance et les avantages liée aux politiques de diversité. Elle saura donc, à compétences équivalentes, prioriser l’embauche d’un demandeur d’emploi et réduire « l’emprunte chômage » en addition des politiques publiques déjà engagées (parité, seniors, alternance, handicap, insertion par l’activité économique). Cela suppose, comme pour tout acte d’engagement citoyen, de réfléchir aux bénéfices produits en interne et en externe par son changement de pratique (quand nous choisissons de nous fournir dans une AMAP ou chez un recycleur) et aux moyens de mettre ce changement en pratique, dans ce cas ses pratiques de recrutement et d’intégration de nouveaux collaborateurs.

A l’échelle locale et nationale, les effets peuvent être spectaculaires. Les simulations montrent qu’à flux d’emplois égal, si l’embauche de chômeurs augmentait de 10 % et que leur durée d’inactivité diminuait de moitié, l’économie publique atteindrait entre 2 et 3 milliards d’euros par an. L’engagement de chaque entreprise, chiffrable et valorisable à hauteur de 22000 euros par embauche dans les chartes RSE, participerait du dialogue social interne et territorial. La stabilité  revendiquée des ex-chômeurs réduirait les 36 % de CDI rompus pendant la première année et donc le cout de recrutements réitérés.  Autant de charges improductives qui seront réaffectées dans une économie sociale positive à forte valeur ajoutée.

Pour s’engager dans cette démarche individuellement ou collectivement, en tant que citoyen ou que membre d’un collectif professionnel, il y a des pistes simples.

La première est l’autodiagnostic. Quelle est ma position, ma croyance, sur la discrimination liée au chômage ? Est-ce que je la combats, est ce que je l’ignore, est ce que j’y contribue même implicitement ? Par exemple si je suis recruteur ou entrepreneur, quels sont les résultats objectifs des embauches réalisées ces deux dernières années ?

La deuxième est la communication. Si je suis convaincu que ce message est cohérent avec les sujets d’économie positive et de lutte contre les discriminations, je peux participer à la diffusion et au changement des consciences. En parler autour de soi et dans son entreprise, questionner les pratiques, et contribuer à la large diffusion des chroniques  « Nous sommes tous des légumes moches ! » et participer à ce débat constructif.

Le troisième est l’action. Chaque entreprise, chaque partie prenante peut aisément s’emparer du sujet et l’intégrer dans une charte RSE, en addition des mesures déjà engagées. Les outils alternatifs de sourcing de candidat(e)s, de recrutement et d’intégration sont à la portée de tous. De même pour les outils de mesure des progrès. Pour ma part, je travaille à la création d’une entreprise à objet social, dont les missions seront de diffuser le message « Nous sommes tous des légumes moches ! » au niveau national et international, d’accompagner les parties prenantes dans les actions à engager pour intégrer cette culture dans les chartes RSE, et enfin de rendre visible la somme des engagements et des résultats pour réduire le chômage et son cortège de maux associés.

A bientôt !

Merlin Voiforte

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