Et pourtant je suis vivant ! Ou pourquoi bannir le mot valide.

Ce qui suit est une nouvelle version d’un ancien article revu et corrigé pour Focus RH et publié le 23 avril 2012. Vous le trouverez ici.

Nous savons tous que l’utilisation de l’image du fauteuil roulant pour représenter les personnes handicapées a largement contribué à l’idée reçue qu’une personne handicapée « souffre » forcément d’un handicap physique et plutôt lourd. D’où des interventions, souvent entendues lors des formations que j’anime sur la diversité et le handicap : « Notre activité n’est pas exerçable par des Travailleurs Handicapés » ou « Un Travailleur Handicapé ne peut pas effectuer l’ensemble des tâches d’un poste ». On entend aussi « Notre immeuble n’est pas accessible pour les personnes handicapées » car il n’y a pas de rampe d’accès. On commence donc à utiliser d’autres pictogrammes pour représenter le handicap ou plutôt les différentes formes de handicap afin de ne pas réduire le handicap au seul handicap moteur. Vous trouverez ces différents pictogrammes sur le site de l’AGEFIPH.

Or, ce qui est intéressant à mes yeux, c’est que personne ne semble se préoccuper du mot « valide » pour désigner les personnes qui n’ont pas un handicap… alors qu’il m’a toujours semblé que ce mot véhiculait autant d’images négatives que l’utilisation du fauteuil roulant. J’ai donc fait une première recherche sur Internet pour voir quelle définition était donnée au mot « valide » et j’ai trouvé « qui ne souffre d’aucun handicap ». Jusque-là tout va bien. Aucune connotation négative, une simple description.

En fait, ce n’est pas tout à fait neutre. Il y a quand même le mot « souffrir » dans la définition. Cela suppose qu’une personne handicapée souffre de quelque chose. Mais une personne peut être handicapée sans pour autant en souffrir … N’est-ce pas ?

Ensuite, j’ai regardé les synonymes et j’ai trouvé « sain », « valable » et « vivant » et je me suis dit « Je suis handicapé*, donc je ne suis pas valide. Et pourtant, je suis vivant. De ça je suis certain ! Je pense aussi être sain et valable. » Je le dis avec un peu de légèreté et d’humour qui manquent souvent quand on évoque le handicap. Mais il y a un fond très sérieux derrière ces propos.

Non content de ces quelques définitions glanées sur Internet, j’ai voulu aller un peu plus loin. Je me suis dit que ce serait intéressant d’avoir une source plus officielle. J’ai commencé avec Le Littré où l’on trouve « sain, vigoureux » comme synonymes de « valide ». Pareil donc que sur Internet. J’ai aussi regardé dans le Dictionnaire Robert en 9 volumes, qui est, pour moi, la référence de la langue française. Et là, c’est encore plus fort ! On trouve la définition suivante : « qui est en bonne santé, capable de travail ». Extraordinaire ! Dans ce cas, toutes les missions handicap en France peuvent arrêter leur travail tout de suite. Car leur objectif est de promouvoir l’intégration dans les entreprises et des organismes publics des personnes handicapées. Mais si une personne handicapée n’est pas valide, elle n’est pas non plus « capable de travailler ».

L’autre possibilité est de bannir le mot « valide », de travailler sur nos stéréotypes et de faire en sorte qu’on brise cette association entre « personnes valides » et « personnes handicapées ». Et comment, dans ce cas, parler des « personnes valides » ? A mon avis, le contraire d’une personne handicapée devrait être une personne non-handicapée en s’inspirant de la terminologie utilisée par Barack Obama le soir de son élection quand il a parlé des personnes « disabled and non-disabled ».

* Pour les gens qui ne me connaissent pas, mon bras droit est paralysé suite à un accident de scooter à 16 ans. Là aussi on est confronté à un stéréotype très répandu. La plupart des gens supposent que je suis handicapé de naissance. Ce que je ne suis pas…. Comme la plupart des personnes handicapées puisque les chiffres montrent que 85% des handicaps surviennent à l’âge adulte.

Cliquez ici pour des informations à propos des conférences sur le handicap animées par Pete Stone.

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29 réflexions au sujet de « Et pourtant je suis vivant ! Ou pourquoi bannir le mot valide. »

  1. Très vrai. Bravo Pete ! Un de mes collègues du Mans a eu lui aussi un accident qui a laissé des séquelles à son bras gauche (bras et main atrophiés) et il est totalement apte à travailler. Il fait même du basket et est plutôt impressionnant 🙂
    Halte aux idées reçues !
    And think outside the box !

  2. Bonjour Pete,
    Comme d’habitude, j’ai lu avec attention ton article.
    Je suis également choqué que valide soit synonyme de vivant (d’après le robert), valable, moins par sain (qui signifie être en parfaite possession de tout ses moyens, et non de ce qu’il en reste). Un handicapé, ou invalide partiel est forcément vivant et pas moins valable qu’un autre. Si je comprends ton point de vue sur le mot valide, on peut aussi parler d’invalidité partielle pour handicap. C’est même un terme juridique puisqu’employé dans le droit du travail. Et n’oublie pas les invalides de guerre. Ils n’étaient pas tous en fauteuil. Pour la première guerre mondiale, on les appelait les gueules cassées. Tous ne pouvaient pas travailler mais certains ont repris une vie « normale » (compte tenu des atrocités dont ils avaient été témoins et qui leur étaient plus dures à supporter que leur dégradation physique).
    J’avoue ne pas partager ton point de vue sur la suppression d’un mot du vocabulaire. Plus on appauvrit notre vocabulaire plus on restreint notre pensée. Un débat, une expression telle que la tienne est beaucoup plus intéressante car elle oblige à réfléchir, à s’ouvrir aux autres en écoutant et en essayant de comprendre leur point de vue. C’est le début d’un débat, et avec un peu de chance, d’un respect plus grand…
    Je ne sais pas si en anglais tu dis également souffrir d’un handicap, mais en français, le mot souffrir ne signifie pas forcément avoir mal. Quant nous disons souffrir d’un handicap, cela signifie être atteint, pas forcément avoir mal… Et oui, en ce sens, un handicapé a bien une souffrance par rapport à un valide. Le premier ne peut pas effectuer la totalité des taches physiques du dernier. Pour autant, c’est un constat, pas un jugement de valeur. D’après moi, c’est plus là dessus qu’il faut travailler. Rappeler aux gens le vrai sens des mots. Notre langue est trop maltraitée depuis des années, notre vocabulaire s’est réduit comme peau de chagrin et nos médias n’aident pas à remonter le niveau. Et là je te rejoins complètement quand tu suggère de travailler sur les stéréotypes! Cette solution me parait bien meilleure…
    Bonne journée et continue de nous faire réfléchir s’il te plaît. Ouvre encore de beaux débats…

  3. Je puis me porter garant que Pete Stone est valide, oh, combien!!!
    Keep the faith, Pete!
    François

  4. En effet, la lutte contre les préjugés commence par l’utilisation d’une terminologie moins « clivante ».

    Merci pour cet éclairage.

    Greg – PARIS

  5. Cher Pete,

    Pour compléter ton propos, l’antonyme de valide est bien invalide qui devrait en toute logique être donc synonyme de personne handicapée. Or l’invalidité dans le monde du travail est bien une situation qui rend impossible le travail à temps complet et qui compense une activité réduite (ou plus d’activité du tout pour les cas les plus graves) par une indemnisation. Je te rejoins en conséquence sur le fait que l’usage de ce terme renforce en creu les stéréotypes qui ont cours sur l’incompatibilité du travail et du handicap.
    Bien à toi,
    Constance Perrin-Joly

  6. C’est extraordinaire Pete, vous arrivez toujours à nous faire réflechir sur des sujets, très intéressants, mais parfois pas evoqués ou mal evoqués, parce que difficiles comme « handicap ».
    J’ai essaié de trouver un mot à la place d’handicapé, qu’est devenu dévalorisant, parfois péjoratif, sans jamais y arriver.
    Mais je me dis que « just different » peut bien le remplacer et encore mieux accompagné de « je suis vivant », car les deux définitions sont bien vraies.
    Merci de toujours nous faire part de vos réflexions! Cordialement, Lucy

  7. Bonjour Pete,
    Et si c’était le mot « handicapé » qu’il fallait bannir ? Même si je ne suis pas favorable à la disparition des mots (en imaginant que faire disparaitre un mot fait disparaitre le mal !). Le mal ici, ne touche pas le handicap, mais les connotations qu’il véhicule. Nous sommes tous à un moment donné de notre vie, handicapé, sous entendu qu’il nous manque quelque chose qui fait que nous ne sommes plus « conforme » au corps humain tel qu’il est conçu… en imaginant aussi que ce corps évoluera encore et qu’à ce titre, nous sommes tous handicapés au regard du corps que l’homme aura dans 200 ans !! Et nous sommes tous handicapés aussi au regard de la façon dont nous utilisons notre corps et ses ressources (certains courent vite, d’autres marchent mieux!). Ce que je trouve le plus dommageable, sans vouloir choquer, car je sais que c’est utile et essentiel pour faire évoluer les mentalités, mais la recrudescence des associations qui « ‘s’occupent » des personnes handicapées et capables de travailler, stigmatisent encore le handicap comme quelque chose d' »anormal », entendu que l’on puisse définir ce qui est normal…
    A bientôt pour un échange !
    Alexandra

  8. Merci Constance. Entièrement d’accord. J’ai trouvé d’autres antonymes de valide, donc synonymes de handicapé, dans Le Robert : Boiteux, cacochyme, estropié, impotent, infirme, malade. Génial, non?!

    Merci aussi Lucy. Je n’aime pas en effet le mot valide, mais je revendique le mot handicapé. Je suis handicapé. C’est un fait. Ce n’est pas une honte. Ce qu’il faut faire, à mon avis, est de changer le regard sur le handicap afin que ce ne soit pas vu aussi négativement. Et pour moi, cela passe par bannir le mot valide et travailler sur les stéréotypes. Sur ce cujet, c’est intéressant de lire l’excellente étude de l’IMS faite par mon collègue Patrick Scharnitzky : http://www.imsentreprendre.com/documents/Les_stereotypes_sur_les_personnes_handicapees.pdf

    Et aussi, merci à toi Jérôme, fidèle lecteur ! Je suis d’accord sur l’intérêt du débat et 200% d’accord sur l’appauvrissement de la langue française. Je suis un linguiste de formation (je sais, ça ne se voit pas!). Néanmoins, je pense qu’on peut faire évoluer une langue sans l’appauvrir. Et qu’il faut la faire évoluer quand les mots nous font mal. Et pour moi, c’est le cas avec le mot valide. Quant au mot souffrir, Le Grand Robert (encore), commence sa définition par « Supporter (qqch. de pénible ou de désagréable) ». Pour moi, il est clair que cela véhicule des choses négatives. J’ai un bras paralysé. Pour moi ce n’est ni pénible, ni désagréable. Ca fait partie de moi, c’est tout.

    Merci aussi à Greg, François et Thibaud pour votre soutien!

  9. Bravo Pete pour ton article; tu as parfaitement raison de nous inciter à travailler sur nos stéréotypes. C’est comme cela que l’on fait vraiement bouger la société et c’est de cette façon là que nous avons travaillé (tu le sais)dans notre syndicat (Syntec Conseil en Recrutement) pour promouvoir la diversité dans nos recrutements.
    Le sujet du handicap est mal traité en France et on est trop souvent dans une approche misérabiliste et d’assistanat alors qu’il faut parler de respect, d’engagement , de responsabilité et d’action.
    François Humblot
    Administateur de Syntec Conseil en Recrutement et Président de Syntec Etudes et Conseil.

  10. Hi Pete,
    La crainte la plus forte n’esst pas sur la « validitè » mais je crains surtout sur la non accepta&tion de la difference. Il est de tout temps que l’homme a peur de l’autre s’il lui est different , et parfois en plus étranger. Certains peuvent cumuler. La difference refuser peut porter sur l’handicap, physique mais aussi psychologique, la couleur de la peau et la religion, etc… Tous les recruters connaissent bien les freins à l’accepgtaiton de la difference. Je ne soulignerai que trop la justesse du nom de ton cabinet.
    Amities
    Jean-Pierre

  11. Pete,

    Je…valide (faut bien rigoler comme tu dis !)…tes propos fort intéressants.
    Un autre exemple non profssionnel : dans l’équipe de rugby de Chevreuse (fédérale 3), un très bon joueur joue avec dextérité avec un demi-bras en moins et toute l’équipe lui fait totalement confiance , elle est méritée, pendant le jeu !
    Belle vie à tous les vivants !

  12. Très juste et bien remarqué Pete.
    La définition du Robert est celle qui m’interpelle le plus. En fait c’est surtout la négation portée sur le mot « valide » et ce que cela induit comme signification et connotation qui dérangent ou peuvent déranger, selon la sensibilité qu’on peut avoir sur le sujet. Et si on prenait le raisonnement dans un autre sens cela donnerait: « si tu n’es pas en bonne santé ou pas capable de travailler alors tu n’es pas valide » … dans ce cas, bien nombre de personnes, pourtant admises comme étant « valides » selon la définition communément établie, devraient être considérées comme « non-valides » non plus … ne serait-ce que, par exemple, les personnes en arrêt de travail pour quelques jours/semaines, les tire-aux-flans, etc. … non?
    Les termes utilisés par Obama me plaisent bien aussi.
    Tu as le chic pour bousculer les [mauvaises] habitudes Pete et tu le fais bien: qui a dit que les habitudes ne se changent pas?

  13. Salut Pete,

    Bravo pour ton article, c’est étonnant en effet ces équivalences linguistiques. Je « valide » ton point de vue :-).
    A bientôt,

    Romain.

  14. Bonjour Pete,
    Les mots entrainent les maux et encore une fois ta recherche le démontre. Beaucoup de mots banals véhiculent de la violence et sont utilisés dans un sens péjoratif.
    Sont-ce ces mots qu’il faut bannir ou le sens qu’on leur donne ?
    Myriam

  15. Pour rebondir sur le mot handicap.
    Notre combat à nous, c’est la protection de la nature, l’écologie (encore un mot lourd). J’utilise bien souvent « handicapé de l’écologie » pour qualifier nos dirigeants locaux qui font tout et n’importe quoi en dépit du bon sens, sous couvert de protection de l’environnement.

  16. Merci Alexandra. Comme je dis plus haut, personnellement le mot handicapé ne me dérange pas. Il est clair qu’il faut faire évoluer les mentalités et changer le regard sur le handicap et donc sur les personnes handicapées. Et je pense qu’il y a des évolutions sur le sujet, même si elles sont lentes. C’est ce qui est considéré comme « normal » qu’il faut faire évoluer et c’est pour ça que je n’aime pas le mot valide. Au sujet des associations qui travaillent sur le handicap, il y en a de très bonnes comme de moins bonnes. Cela est devenu un marché avec tout le bon et le mal que cela peut comporter.

    François, merci. Et d’accord avec toi.

    Jean-Pierre, je suis d’accord aussi avec toi. C’est la différence de manière générale qui pose un problème. Je n’ai jamais compris pourquoi les gens n’aiment pas la différence. En fait, je comprends, mais je trouve cela bien dommage. Outre les différents types de discrimination et d’ostracisme qui en résultent, les personnes qui n’acceptent pas la différence sont appauvries par ce refus. J’adore sur ce sujet la citation d’Antoine de Saint-Exupéry : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. »
    Merci aussi à Sabine, Philippe, Romain, Myriam et Cathy pour vos mots de soutien que je « valide » moi aussi 🙂

  17. Bjr Pete,

    très intéressant cette discussion autour du mot valide… On pourrait la compléter par l’évocation du mot « invalide », et du tandem « apte/inapte » utilisé dans la médecine du travail… et l’armée je crois bien, elle-même grande productrice d’invalides !

    Je « souffre » pour ma part de la perte de l’odorat, un « handicap » qui sera probablement reconnu d’ici 20 ou 30 ans à l’égal de la perte de la vue ou de l’ouie.

    Les conséquences de la perte d’odorat : plus de mémoire, plus de sens du danger, plus de désir et de « drive » comme on dit dans les entreprises. Et donc une lutte invisible au quotidien pour paraître « normal » et pas se casser la figure (c’est à dire arrêter de « performer » et se faire virer, ce qui m’est quand même arrivé deux fois en 5 ans…).

    Mais comme personne ne le voit ni ne le sait, je suis donc valide. Le « handicap » dépend beaucoup de ce qu’on en voit, donc, et l’essentiel est sans doute d’en parler.

  18. Salut Pete,

    Content d’avoir de tes nouvelles via cet article.

    Ci-dessous une vidéo du Staff Benda Bilili qui « explose » tous les stéréotypes du handicap :

    http://www.francetv.fr/culturebox/staff-benda-bilili-en-live-avec-moziki-27907

    Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un groupe de musiciens de Kinshasa dont plusieurs membres sont en fauteuil roulant ou sur béquilles après avoir contracté la poliomyélite.

    Et si vous voulez les voir mettre le feu sur scène, ils passent le 6 juin 2012 au 104, rue d’Aubervilliers, Paris 19.

    A +

    Dominique

  19. quand à etre vivant, que cela signifie-t-il ?
    qu’on la « ramène » ?
    qu’on entreprend ?
    qu’on agit et réagit ?
    qu’on blague et reblague ?
    qu’on vit ?
    qu’on aime, qu’on aide et qu’on soutient ?
    alors oui je confirme Pete est vivant, et bien vivant !!!!!!!
    et oui « qu’on », comme on dit a toulouzzzz qu’a peine « qu’on » se traite « qu’on » se traite de « …… » …..;)

  20. So
    no handicap, but
    isn’t he bristisheuh ???(accent sur le « e »)
    Oh what a pity…
    Life is difficulteuh…(re accent sur le « e »)
    dur dur …kom on dit ici bas « qu’on »
    😉
    bizz my friend and don’t forget :  » good game  » , toujours accent sur le « e »
    😉

  21. Bonjour Pete,
    Ton article me titille depuis ce matin, parce qu’il donne à réfléchir.
    Je repars du mot « valide », que tu n’aimes pas, pour l’opposer à « invalide », mot que je n’aime pas du tout, dont une définition est « gêné dans son activité quotidienne par une infirmité ». Et paradoxalement je me retrouve un peu plus dans cette définition là.
    Pour conclure ce bref commentaire, j’ai envie de dire deux choses :
    – oui les mots sont importants, et certains peuvent blesser ou stigmatiser,
    – cette « gêne » (mineure au regard de la tienne) dans mon quotidien m’a obligée à composer avec, la surmonter pour avancer dans la vie, et j’en suis plus fort que jamais ; dans ma tête en tout cas.
    Bien à toi,
    François

  22. Merci Patrick pour ton humour 🙂

    Merci Dominique. Je viens de regarder. Excellent !!

    Philippe et François, très intéressants vos propos. Je considère d’avoir la chance pour deux raisons. Tout d’abord, j’ai un handicap qui n’est pas très handicapant. Ensuite, mon handicap se voit facilement. Les gens se posent des questions des fois pour savoir si c’est de naissance ou non, mais ils savent que je suis handicapé plus ou moins tout de suite. Quand on a un handicap qui ne se voit pas ou se voit peu, je pense qu’il est plus compliqué. Dans ce cas, on a deux possibilités, en parler ou ne rien dire. Si on en parle, ce n’est pas forcément agréable et on risque de se faire juger car on est handicapé (avec tous les préjugés associé avec ce mot). Et si on ne dit rien on risque de se faire juger car il y a des choses qu’on ne peut pas faire, ou qu’on fait moins rapidement, etc. et les gens ne comprennent pas pourquoi. Moi, je ne peux pas le cacher. Je n’ai donc pas le choix. Je suis handicapé. Ca pose peut-être un problème aux autres, mais pas à moi.

  23. Pete
    Bien vivant c’est certain. Si tu as regardé la définition de valide, as tu regardé celle de « invalide » qui est parfois plus discriminatoire?: qui n’est pas capable d’avoir une vie active, ou encore, ancien militaire incapable de servir et entretenu aux frais de l’état… le dictionnaire n’est certes pas récent mais cette vision persiste malheureusement dans l’inconscient de beaucoup. Heureusement, la réalité est différente… Mot à éliminer lui aussi!

  24. Bonjour Pete,
    Ton article est intéressant, pertinent à plus d’un titre. Je pense, comme toi, qu’il ne faut pas hésiter à aborder les questions de sémantiques, car ne pas le faire construit trop souvent les alibis permettant d’éluder les questions de fond. Ces mots (invalide, handicapé…) font peur, car ils marquent des différences. Or l’être humain est ainsi fait qu’il a tendance à refuser, à repousser, ceux qui sont (croit-il) différents de lui… C’est donc à force de pédagogie que les peurs seront finalement vaincues.
    Je conclurais volontiers en affirmant que tu es, comme moi, un « bon vivant », et qu’il faut s’en réjouir !
    Amicalement,
    Michel.

  25. Bonjour Pete,
    On s’est rencontré il y a peu chez Ernst & Young. J’abonde à 100% sur ton article. De mon côté, dans toutes les formations que j’anime et dans le livre que j’ai publié sur le sujet, je préconise aussi de prohiber le terme de « valide » pour parler de personne non handicapée ou alors, avec un clin d’oeil et une référence aux Canadiens, de personne « ordinaire », je trouve la référence rigolote et inversant la perception.
    Amicalement,
    Guy

  26. François, entièrement d’accord avec toi. Le mot « invalide » est encore pire, mais il n’est plus autant utilisé qu’avant. En outre, les gens se rendent compte en général des connotations négatives du mot alors qu’on utilise « valide » sans se rendre compte de tout ce qui est véhiculé par le mot.

    Michel, c’est certain ! C’est pour cela que ma société s’appelle « Just Different » pour comprendre que les gens peuvent être différents sans pour autant être meilleur ou moins bien. Ils sont « juste différents » 🙂

    Merci Guy. Ravi de savoir qu’on est d’accord (mais cela ne me surprend pas beaucoup !). Je connais aussi le mot « ordinaire », mais je préfère « non-handicapé ». On a tendance à définir les personnes handicapées comme des gens à qui il manque quelque chose. Or, les « non-handicapés », les pauvres, ils n’ont pas de handicap !
    Et je viens de commander ton livre, en version électronique !

  27. Bonsoir Pete,
    Merci pour ton article. Les mots utilisés valide, handicapé ou autre ne sont pas perçus de la même façon par tous. Le regard en revanche est beaucoup plus … parlant !
    En tout cas, dans mon nouvel emploi, et plus particulièrement dans mon service, je peux voir différentes personnes : des hommes, des femmes (beaucoup), des personnes de couleur, des jeunes, des vieux, des handicapés, y’en a même qui cumulent plusieurs de ces critères, mais une chose est sûre : ils sont tous très compétents !
    bisous,
    Marie-Céline

  28. D’accord Pete, l’antonyme de handicapé est non-handicapé, mais dans quel sens? Obama parle de disabled et non de handicaped people. En France le terme handicap a deux sens, celui médico-social qui me voit attribuer une carte d’invalidité (à 100%!) et qui génère une montagne de préjugés, et celui universel qu’on voit dans la presse et qui signifie désavantage, contrainte, non-atout, pas forcément négatif. Il faudrait rappeler les effets néfastes de cette confusion de termes. Lutter contre les discriminations c’est employer le mot juste comme dit Camus (sinon on « augmente la souffrance du monde »). Dans le bon sens on n’est jamais par définition handicapé tout seul: il y a le handicap « accidens » (en latin) et le handicap « incidens » (en latin). Devant un sourd on est muet, etc. Employer le mot juste est donc impliquant pour la personne en face, disons, « ordinaire », ainsi en situation peut elle réduire voire combler un handicap. Le rêve!

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