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Enquête : l’influence des stéréotypes sur les choix de carrière des jeunes

Just Different a mené en mars 2014, auprès d’un public large, une enquête ayant comme objectif la réalisation d’une photographie, sûrement incomplète mais assez parlante, de la manière dont est perçue l’influence des stéréotypes associés aux femmes et aux hommes sur les choix de carrière des jeunes.

L’intérêt pour ce sujet a été démontré par le grand nombre de répondants (plus de 700, dont 23% d’hommes et 77% de femmes) et par la richesse des commentaires aux quatre questions qui ont été posées :

  • A votre avis, les stéréotypes sur les filles et les garçons, sur les hommes et les femmes, influencent-ils les choix de carrière des jeunes ?
  • D’après-vous les stéréotypes influencent-ils davantage les filles, davantage les garçons ou de manière identique ?
  • Selon vous, est-il important de travailler sur les stéréotypes sur les hommes et les femmes afin que ceux-ci nous influencent moins ?
  • Si vous considérez qu’il est important de travailler sur les stéréotypes sur les hommes et les femmes, à qui incombe ce travail, selon vous ?

Les répondants sont majoritairement d’accord (84%) sur l’existence d’une influence des stéréotypes sur les choix de carrière des jeunes, filles et garçons, car ils les enferment dans des rôles sexués stéréotypés. Qui les stéréotypes influencent-ils le plus, les filles ou les garçons ? 60% des répondants indiquent que l’influence est identique pour les deux sexes.

De plus, les répondants sont aussi d’accord sur l’importance de les déconstruire, à l’aide de la famille, de l’Education nationale, du monde du travail, des médias, de la publicité, des représentants politiques, des associations,… 70% répondent que c’est « tout à fait le rôle des parents », 43% celui de l’éducation nationale et 39% disent même que c’est « tout à fait le rôle des entreprises ». Une bonne partie des répondants considèrent que les trois acteurs sont importants car 31% spécifient « tout à fait leur rôle » pour les trois acteurs.

Les réponses ont placé notre enquête sous le signe du changement, qui ne se fait pas toujours à la vitesse à laquelle nous aimerions qu’il se fasse, surtout en raison de la peur de sortir de la case, de ne plus être conforme aux attentes du groupe ou des groupes d’appartenance, et en raison d’une absence de rôles-modèles qui inspirent et rassurent.

Il s’agit d’un changement des constructions sociales et des mentalités qui nous ont jusqu’à maintenant programmé(e)s, autant les femmes que les hommes, à penser et à agir selon certains schémas stéréotypés. Ce changement commence à être visible dans l’attitude des jeunes générations quand il s’agit du choix de filières, et dans le déroulement de la carrière des femmes. La quasi-totalité des répondants pense qu’il est très important de sensibiliser sur les stéréotypes pour entamer ce changement et assurer le libre choix des individus. En effet, sur une échelle de 0 (pas du tout important) à 10 (tout à fait important), la moyenne des réponses est de 9,83.

Si nous voulons progresser, nous devons tous entamer un travail individuel et collectif de déconstruction des stéréotypes. Mais il faut rester vigilant, car rien de ce qui est acquis n’est garanti pour toujours. Il faut surtout faire attention à la manière dont nous expliquons et nous essayons de déconstruire les stéréotypes, afin de ne pas les creuser davantage et risquer de générer un phénomène de rejet.

Changeons ensemble !

Pour consulter l’analyse complète cliquez ici. Et n’hésitez pas à revenir laisser vos commentaires.

Stéréotypes à l’oeuvre – le blog Just Different sur les stéréotypes

Notre blog « Stéréotypes à l’œuvre »,  attire l’attention sur la présence des stéréotypes dans notre quotidien, au travers de tranches de vie, les nôtres et celles de ceux qui nous entourent, restituées en toute sincérité et bonne foi. 

Nous essayons de publier régulièrement des histoires courtes auxquels vous pouvez réagir en laissant un commentaire. Vous pouvez également utiliser la page contact pour nous faire part d’une expérience. Vous n’avez pas besoin de tout écrire. Il suffit d’en donner les grandes lignes et nous nous chargerons de l’écriture. Nous vous ferons bien sûr valider le texte avant publication et vous pouvez décider de faire apparaître votre nom ou non. Vous pouvez aussi utiliser le formulaire pour nous informer si vous voulez être prévenu de la sortie d’une nouvelle histoire.

Avez-vous l’intention d’avoir des enfants?

« Avez-vous l’intention d’avoir des enfants? », cette question à laquelle j’ai été confrontée lors d’un entretien d’embauche amène plusieurs remarques.

Tout d’abord, il faut souligner que cette question est théoriquement interdite lors d’un entretien d’embauche. En effet, elle est rendu illégale par deux articles du code du travail. Le premier, L1221-6, prévoit que les informations demandées à un candidat lors d’un entretien d’embauche ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Le deuxième, L1132-1, énumère les critères de discrimination lors de l’embauche, parmi lesquels figure la situation de famille ou la grossesse rendent cette question illégale.

Mais en pratique, cette question intervient régulièrement lors d’entretiens d’embauche puisque les recruteurs, dans le huis-clos de ce jeu de questions/réponses, se laissent parfois aller à la chasse aux informations relevant de la vie privée.

En outre, et c’est certainement le point qui révèle le plus de stéréotypes et qui engendre le plus de discriminations: cette question est régulièrement posée à des femmes mais quasiment jamais à des hommes.

Si l’on se fait l’avocat du diable et que l’on tente de comprendre cette question, la raison serait que l’arrivée d’un enfant entraînera un congé maternité, donc une absence dans l’entreprise et par la suite des problèmes potentiels de mode de garde, des risques de retards,… Mais, a priori, lorsqu’une personne postule à un emploi, elle s’engage à se rendre disponible pour les contraintes du poste, quelle que soit sa vie privée.

Si on pousse la réflexion, le fait que la question soit posée aux femmes et non aux hommes révèle l’idée, toujours aussi tenace, que les femmes vont être beaucoup plus impactées dans leur vie professionnelle par leur vie familiale que les hommes. Cela ne prend pas en compte le fait que de plus en plus de pères s’occupent de l’éducation des enfants, entraînant moins de disponibilité pour l’entreprise (partir plus tôt le soir pour aller les chercher à l’école, ne pas travailler le mercredi après-midi pour rester avec eux,…). De plus, lors de séparations ou de divorces, on constate un accroissement considérable de gardes alternées, qui a pour conséquance des périodes d’indisponibilité identiques pour les pères et pour les mères.

Par ailleurs, le problème que pose cette question est la gêne qu’elle occasionne du fait de son aspect intrusif et de l’indécision quant à la réponse à y apporter. Pour ma part, mon inconscient souhaitait répondre au recruteur que cela ne le regardait pas, mais ma conscience m’a rappelé que le risque était de créer un froid, préjudiciable pour la suite de l’entretien. Cela m’a déstabilisée mais j’ai fini par répondre par une autre question: « Dans quelle mesure cela aura-t-il un impact sur les spécificités du poste? ». Le recruteur est alors passé à une autre question. Je n’ai pas eu le poste en question. Je ne saurai jamais si ma réponse évasive au eu une influence sur la décision…

Paula Gaïffas, mars 2016

Les papas qui viennent chercher les enfants

J’ai travaillé pendant quelques temps dans une école maternelle et primaire. Évidemment, les parents venaient chercher les enfants à l’école. Je dis les parents mais les situations étaient très diversifiées : dans certains cas, c’était alterné, parfois papa, parfois maman, dans d’autres cas, c’était toujours maman ou toujours papa, ou c’était une toute autre personne : nounou, grand-mère, grand frère….

C’est quand c’était toujours le père que j’ai remarqué que mes collègues étaient souvent étonnés et avaient souvent des interrogations. Suite à une énième remarque de l’une de mes collègues, je lui demande pourquoi ça lui paraît bizarre que ce soit toujours le papa qui vienne chercher cet enfant alors que ce n’est pas le cas lorsque ce sont toujours les mamans qui viennent chercher les enfants. Elle me répond que normalement ce sont les mamans qui s’occupent davantage des enfants car elles ont des emplois qui le leur permettent ou qu’elles n’ont pas d’activité, alors que les papas ont souvent des emplois prenants et qu’ils finissent tard.

Malheureusement, je m’attendais à cette réponse mais de l’entendre dire m’a dérangée, surtout de la part d’une personne travaillant en milieu scolaire et éducatif. Je n’avais pas l’intention de porter un jugement de valeur et j’ai simplement rétorqué que de toute évidence ce postulat n’était pas toujours vrai puisque qu’il y avait quasiment autant de papas qui venaient chercher les enfants que de mamans…

Le problème se pose donc au niveau des stéréotypes véhiculés qui voudraient que traditionnellement, ce soient les mamans qui récupèrent les enfants à l’école car elles ont une activité professionnelle qui le leur permet ou qu’elles sont « mères au foyer ». Mais le fait d’entretenir ces préjugés affecte autant les mamans que les papas : les mamans car, si on pousse le raisonnement à l’extrême, cela sous-entend qu’une femme qui aurait une activité professionnelle prenante ne serait pas « une bonne mère » et, à l’inverse, qu’un papa ne pourrait pas faire le choix de se rendre disponible pour s’occuper de ses enfants, car il ne serait pas « un vrai mec ».

Au-delà, cela contribue à nier la diversité des situations familiales et dont le personnel scolaire n’a pas toujours connaissance. Ainsi, les parents peuvent être divorcés ou séparés, la maman peut être en mobilité professionnelle. Dans le pire des cas, la maman peut avoir des problèmes de santé ou même être décédée.

Que ces situations soient choisies ou subies, ces préjugés peuvent avoir un effet négatif tant sur l’enfant que sur les parents.

Paula Gaïffas, mars 2016

Avec la volonté on peut faire évoluer les choses

Voici le mail adressé par une amie à une société qui fournit des personnes pour s’occuper des enfants :

Bonjour xx,

Un petit mot très rapide pour vous dire que nous sommes ravis de vos services.

Je réagis seulement sur le nom de votre service appelé « relais maman »… Nous avons souscrit mon conjoint et moi à ce service et il se trouve que c’est moi qui ai fait cette démarche.

Pour autant, je suis fondamentalement choquée de l’appellation de ce service en 2014 qui nourrit des préjugés tels que « ce sont seulement les femmes qui s’occupent de leurs enfants…. ».

Encore une fois, quand bien même vos clients sont des clientes, pourquoi réduire le périmètre de vos services à la mère, niant par-là l’existence d’un père :

Je souscris à un service de «relais parents », non de « relais maman ».

Je voulais simplement vous faire part de ce sentiment.

Il reste visiblement beaucoup de chemin avant que les préjugés ne tombent.

Cdlt

Annabelle

Bonjour,

L’information a bien été transmise à Me xx, directrice de xx.

Votre remarque, très pertinente, sera très certainement prise en compte pour l’édition des contrats pour l’année scolaire à venir !

N’hésitez pas à revenir vers nous si nécessaire.

Que peut-on apprendre de ces deux mails ?

Tout d’abord, que les stéréotypes sont partout. Ce n’est pas nouveau vous me direz et vous aurez raison. Mais cela montre aussi que les stéréotypes sont tellement omniprésents que souvent nous ne les remarquons même pas. En effet, je suis client de la même entreprise depuis 6 ans et cela fait 6 ans que je signe un contrat pour un service appelé « relais maman » et je ne m’en suis pas rendu compte. Et pourtant je connais le sujet ! Le fait de ne pas les remarquer ne veut pas dire pour autant que leur influence n’existe pas.

La deuxième leçon est qu’il n’est pas toujours très compliqué de changer les choses. Annabelle a pris le temps d’écrire à la société pour leur faire comprendre que l’intitulé de leur service était le résultat de préjugés et que ce serait bien de le changer. Et en effet, le même service à la rentrée 2014 s’appelait « sortie d’école ». J’allais écrire « Annabelle a simplement pris le temps », mais je me suis corrigé car ce n’est pas « simple ». Ce n’est pas simple car nous avons souvent des vies chargées et nous n’avons pas toujours le temps. Plus précisément, nous ne prenons pas le temps. Je voudrais donc féliciter et remercier Annabelle pour ce qu’elle a fait. Il ne lui fallait pas des heures. Il ne lui fallait pas une compétence particulière. Il lui fallait une conscience de l’importance des mots et une volonté de faire changer les choses. La mission de Just Different est de créer cette conscience. C’est à nous tous de trouver la volonté.

Pete Stone,  janvier 2015

Une histoire de toilettes…

Je suis depuis presque 2 ans maintenant Team Jolokia, une aventure extraordinaire de mise en pratique de la diversité sur un voilier de course. Si vous ne la connaissez pas, vous pouvez consulter le site web ou lire l’article que j’ai écrit à leur sujet.

Pierre Meisel, le skipper, m’a raconté une histoire. Un jour dans le port de Lorient, une équipière sur Team Jolokia croise un couple à la sortie des sanitaires. Sans échange préalable, et alors que le port est largement fréquenté, la femme s’adresse à l’équipière et lui dit: « C’est très propre, beau travail, et en plus ça sent bon félicitations ! ».

Incompréhensible, non ? Peut-être. Si je vous dis que l’équipière s’appelle M’Baki ? Et si j’ajoute qu’elle est noire ?

Je ne vais pas expliciter les stéréotypes à l’œuvre ici. Mais il est important de noter qu’il n’y a aucune volonté de nuire dans le commentaire de la personne. Il y a même une certaine bienveillance, une volonté de reconnaître l’autre, sauf qu’à la fin il n’y a aucune reconnaissance, tout au contraire. Et puis, l’exemple montre qu’il nous reste bien du chemin à parcourir !

Pete Stone, janvier 2015

Je suis une personne de petite taille, avec une carrière de taille « normale »

Je suis une personne de petite taille et j’ai envie d’une carrière de taille « normale » : être commercial. Ce n’était pas l’opinion d’une partie de ceux qui m’ont accompagné dans la construction de mon projet professionnel. « Commercial, ce n’est pas possible. C’est déjà bien que tu puisses travailler dans la grande distribution. T’as beaucoup de chance ! ».

La réalité m’a explosé en pleine figure quand j’ai posé ma candidature pour un poste de commercial dans une entreprise de vente en porte-à-porte de revues et de livres. J’avais bien mentionné sur mon cv que j’étais une personne de petite taille, mais la personne en charge du recrutement n’avait pas lu ce « petit » détail. Pendant tout l’entretien j’ai eu droit à des échanges autour de ma situation : « vous allez être fatigué car il faut beaucoup marcher, vous allez avoir du mal à monter les escaliers, les clients vont mal vous recevoir,… ». Aucun mot sur mes compétences, mon savoir-faire, ma motivation.

Suite à cet entretien j’ai tout laissé tomber, car j’avais perdu espoir. Heureusement, j’ai pu me remettre quelque temps après et je suis sorti plus fort et plus motivé de cette expérience. J’ai eu raison, car maintenant je travaille en tant que commercial chez April. Depuis juillet 2013, j’ai été même promu et je travaille actuellement sur Paris (XVIII) en tant que conseiller commercial responsable d’agence.

Pour venir au bureau je prends le transport en commun et la trottinette. J’ai d’excellentes relations avec mes clients, car ils ne voient pas en moi la personne de petite taille, mais le commercial qui leur apporte des services de qualité qui répondent à leurs besoins. Et surtout la confiance !

Iulia Sala, d’après un entretien avec Daniel Farnolle, septembre 2014

Jeune et diplômé

A 18 ans, étudiant en sciences-humaines, je deviens en parallèle moniteur de croisière. Premier encadrement aux Glénans, premiers stagiaires adultes.

Où est le responsable ? Parce que vous êtes quand même bien jeune pour être chef de bord !

Il revient d’ici peu. Mais, je vous assure, j’ai déjà de l’expérience et tous les diplômes autorisant l’encadrement de croisières.

– Oui enfin à ton âge, diplôme ou pas, on ne peut pas avoir de l’expérience, t’es un gamin, ce n’est pas toi qui va m’apprendre à faire du bateau.

Malgré l’intervention du responsable, le stagiaire décidera de ne pas participer à la formation, sans même avoir mis les pieds sur l’eau.

Le diplôme, bien qu’important dans le système français, ne m’a donc pas aidé ici à légitimer mon activité, car j’étais un junior, critère invalidant. La situation se reproduira à plusieurs reprises.

Il y a 2 ans, co-initiant un projet qui relie course au large et sciences-humaines, la conversation va bon train, l’interlocuteur est emballé par le projet et ses idées.

Puis vient, au hasard de la conversation, la question tant redoutée.

Au fait, quel âge avez-vous ?

Petit blanc à peine perceptible dans la conversation, je sais que je vais surprendre, je fais plus vieux.

– 26 ans.

Ah oui…

Autre petit blanc, bien plus perceptible cette fois.

C’est jeune pour faire ce que vous faites. Je suis désolé, mais peut-on vraiment faire confiance à quelqu’un de votre âge ? Votre projet est riche, mais on ne se lance pas si jeune et sans expérience dans des projets d’envergure.

Mais l’expérience se compte-elle en années de vie ? N’est-elle pas plutôt un parcours de vie ?

La personne qui transporte une valise, fermée à clef, cadenassée avec code, sans jamais l’exposer au vent et aux voyages incessants, sans jamais confronter son contenu au regard des autres, combien d’années devra-t-elle attendre avant que cette valise soit pleine d’expérience ?

Tandis qu’une valise, même plus petite, qui s’ouvre aux discussions, critiques et aux voyages en tous genres, cette valise se remplit bien vite et se révèlera plus riche.
Enfin, si l’expérience des années est le critère ultime, couperet, qui permet d’acquérir la confiance des autres, alors comment les juniors peuvent-ils créer, oser, entreprendre ? Nous, jeunes d’aujourd’hui, souhaitons avoir le droit à l’essai, le droit de rêver, d’enchanter et d’inventer un monde nouveau.

Pierre Meisel, septembre 2014

Vous avez l’esprit de contradiction, Madame

Je suis allée récemment dans un tout petit magasin de jouets à côté de chez moi qui me rappelle le film « Vous avez un message/You’ve got mail », dans lequel Meg Ryan joue le rôle de la propriétaire d’une petite librairie pour enfants qui risque de faire faillite à cause d’un supermarché de livres installé au coin de la rue.

L’espace est très petit et chaque centimètre carré est utilisé au maximum pour présenter les jeux et les jouets. C’est une caverne d’Ali Baba, mais avec notice d’utilisation, car les deux propriétaires, un couple dans la cinquantaine, ont joué à tous, oui, tous les jeux qu’ils vendent ! Dès que tu leur poses une question sur un jeu, ils te plongent dans un univers fantastique de personnages qui construisent, qui voyagent, qui luttent, qui découvrent des trésors. Des pirates, des princesses, des chevaliers, des cowboys, des fermiers, des canards et des cochons, tout est là.

Dès que j’avance au milieu de la pièce, l’aimable monsieur vient me demander si j’ai besoin d’aide. Oui, je dis, avec une petite hésitation, car je me rappelle l’épisode du Mc Do (voir article de notre blog « Je suis passée pour un ovni »). J’aimerais un jeu pour un enfant de 5 ans.

Et la question qui me fait peur arrive : « Pour une fille ou un garçon ? »

Qu’est-ce que je fais ? Je réponds docilement « pour un garçon » ou je recommence ? Je me décide très vite : allez, je recommence.

« Vous savez », dis-je, « cette histoire de jeux pour filles ou garçons, ça me pose un problème. Je suppose que vous ne vous rappelez plus notre discussion d’il y a quelques mois, sur les stéréotypes liés aux jeux sexués des enfants ? ». Oui, nous avons déjà eu une telle discussion lors de ma visite antérieure.

« Oui, je me rappelle très bien », répond le monsieur, à ma grande stupeur. « Mais comme je vous le disais, ce sont les parents qui demandent des jeux pour les filles ou pour les garçons. J’y peux rien, moi ».

« Mais c’est à vous aussi de leur proposer autre chose. Par exemple, vous pourriez au moins ne plus poser la question tout au début, pour une fille ou un garçon ? Ou déjà ne pas grouper les jeux et les jouets par catégories filles ou garçons. Ou leur proposer…».

« Madame, je vous laisse regarder tout seule. Vous avez l’air de bien savoir ce que vous cherchez. Les autres clients attendent ».

Je souris et je réponds « Bien sûr, Monsieur ». Je me dis que je vais revenir un jour pour continuer la discussion. Mais quelques secondes plus tard je sais que je ne le ferai plus. Le monsieur se retourne et me dit avec un sourire un peu forcé : « Madame, vous avez l’esprit de contradiction ».

Iulia Sala, mars 2014

Avec ce mariage, il y aura de plus en plus d’homosexuels

C’était lors d’un dîner professionnel. La soirée avait bien commencé, nous parlions « cinéma » avec mes quatre collègues quand la conversation a évolué sur le film « La vie d’Adèle ». Un de mes collègues s’exclame alors : « il faut quand même constater que ce mariage pour tous, ça va créer des vocations !« . Et il se met à rire de cette boutade. Je souris comme souvent lorsque je sens que je ne suis pas d’accord avec ce qui se dit, mais comme l’ambiance est bonne, je lance, d’un air entendu et persuadée de rencontrer l’assentiment des autres collègues : « oui mais bon, tout le monde sait que l’orientation sexuelle ne se décide pas« . À cet instant mon voisin de gauche rétorque : « Ah, je ne suis pas d’accord ! Avec ce mariage, il y aura de plus en plus d’homosexuels. »

Il commence tout de suite à parler de son fils qui serait un jour revenu de l’école en affirmant que s’il le voulait, il pourrait se marier avec son meilleur copain. Ses mots me font sourire, mais mon collègue enchaîne d’un air mi-agacé, mi-inquiet : « C’est tout de même sa maîtresse qui a osé lui dire cela ! Moi, toutes ces évolutions me préoccupent !« .

Je le sens sincèrement anxieux, et les bras m’en tombent ! J’ai toujours considéré ce collègue comme l’exemple même de l’ouverture d’esprit : étranger, la quarantaine, ayant habité plusieurs pays avant de venir en France, marié à une femme d’une autre nationalité. Comment faut-il interpréter ses propos : manque d’ouverture aux autres, manque d’informations ou peur de l’homosexualité ?

Je me rends compte à ce moment-là du travail qu’il reste à accomplir pour faire avancer les sujets de la tolérance et la diversité.

Anonyme, février 2014

Où est la mariée ?

Ce samedi j’ai été témoin au mariage de mes meilleurs amis qui a eu lieu à la Mairie du XIIIème arrondissement.

Il faisait froid et nous nous sommes réfugiés dans le hall de la mairie, le temps que tout le monde se rassemble et qu’on nous appelle dans le salon du mariage au premier étage.

J’étais en train de regarder les affiches d’un colloque sur l’économie solidaire qui était en train de se dérouler dans une des salles de la mairie, quand j’ai entendu des voix et des pas d’en haut, où un mariage venait de se finir. Une demie douzaine de garçons, tous coiffés de bonnets identiques, riaient et se poussaient en descendant l’escalier large, en s’accrochant à la main courante en fer. Ils étaient suivis d’un grand groupe d’adultes qui descendaient sans se presser.

Des amis sont venus me parler et je ne leur ai plus prêté attention.

Quelques minutes plus tard, j’ai jeté un regard involontaire vers le groupe qui était maintenant réuni au milieu du hall, en train de se faire prendre en photos. J’ai continué à parler avec mes amis, mais quelque chose dans mes pensées ne me laissait pas tranquille. Qu’est-ce qui n’allait-il pas ? Peut-être les baskets d’un des participants à la photo, pas tout à fait appropriés pour un mariage ? Ou les cheveux mal coiffés d’une femme vêtue d’un joli tailleur bleu marine ? Non, ce n’était pas ça. C’est au moment où ma copine, la future mariée, m’a adressé la parole que je me suis rendu compte de ce qui n’allait pas.

Mais oui, c’était ça ! Dans le groupe manquait la mariée ! Où était la mariée ? J’ai tourné la tête et mes yeux sont tombés sur les deux hommes au centre de la photo, qui étaient en train de s’embrasser.

J’ai dû m’appuyer contre le pilier à côté de moi. Ça ne pouvait pas m’arriver à moi !

Je travaille depuis des années sur l’égalité professionnelle et sur la diversité. J’ai écrit un guide sur la prévention des discriminations et la promotion de la diversité, avec un focus sur l’orientation sexuelle, et tout d’un coup je me rends compte que des stéréotypes sur le mariage étaient bien présents chez moi. Ils avaient été bien cachés dans les plis de mon cerveau et voilà que maintenant ils me jouaient un mauvais tour.

Devant le premier mariage gay auquel j’assistais, ma seule réaction inconsciente avait été de me demander : « Où est la mariée ? ».

Iulia Sala, novembre 2013

Réactions

@ Iulia : la mariée c’est la personne qui tient le bouquet (3ème degrés bien entendu 😉 ) (Marc Bernardin)
Merci Marc! Je reconnais bien ton humour 🙂 (Pete Stone)

Je suis passée pour un OVNI

Il y a quelques mois, j’ai déjeuné avec mon fils au McDo. A la caisse, une fille et un garçon, très aimables, prennent la commande. Je demande un menu adulte et un menu enfant.

« Menu fille ou menu garçon ? ». J’ai un moment d’hésitation. La première réaction est de me demander si les filles mangent autre chose que les garçons.

Voyant mon hésitation, le caissier m’aide. « C’est pour les jouets-surprise. »

Mon premier réflexe est de répondre docilement « pour un garçon », mais je me rappelle que je participe à un atelier sur les stéréotypes sexistes au travail, et je me dis que je ne peux pas laisser passer ça. Je commence par leur expliquer, en dépit de la queue qui devient de plus en plus longue, comment l’inégalité professionnelle entre les femmes et les hommes trouvaient ses racines dès le plus jeune âge des enfants, avec les couleurs et les jouets.

La caissière essaye de me calmer : « mais soyez tranquille, il ne s’agit que du menu pour les enfants, pas du menu pour les adultes ». Je reste perplexe et me dis : décidément, il y a encore du boulot.

Je demande avec aplomb : « un menu de fille pour un garçon, s’il vous plaît ». Ils me regardent avec pitié et me souhaitent une bonne journée. Je ressens le besoin de rajouter : « vous savez, je ne suis pas folle ». Ils me sourient encore une fois et passent au client suivant.

Je suis peut-être passée pour un OVNI mais ce n’est pas grave. Nous devons rester vigilants car les stéréotypes sur les garçons et les filles deviennent les stéréotypes sur les femmes et les hommes et contribuent aux inégalités.

Iulia Sala, octobre 2013

Réactions

En ce qui concerne les McDo et autres restaurations rapides de ce genre, je suis tout à fait d’accord sur votre réaction’ il conviendrait d’intervenir aurprès d’eux. Ceci d’autant plus que McDo est américain, pays où la discrimination est sévèrement appliquée et punie financièrement. (Françoise de BRY)

Madame De Bry, Merci pour votre remarque.
Il paraît que, chez McDonald, ce sont les parents qui demandent à ce que les jouets soient spécifiquement dédiées aux filles ou aux garçons. D’où l’importance d’une sensibilisation pas uniquement des salariés, mais aussi des clients.
Néanmoins, la question qui se pose est jusqu’où c’est le rôle de l’entreprise et qui d’autre doit prendre le relais au niveau de la société.
Ce sont d’ailleurs toujours les adultes (parents, famille ou amis) qui demandent des jouets pour filles ou pour garçons dans les magasins de jouets. Ça fera le sujet de mon prochain post. (Iulia Sala)

@ Iulia : Pour le Mc Do, c’est tout à fait vrai que beaucoup de situations « poussent » les personnes à appliquer une grille stéréotypée fort malheureusement. Personnellement je demande à ce qu’ils les montrent et mes enfants choisissent. Et surtout à la fin du « repas », je leur pose la question de leur utilité. Maintenant, ils les ramènent à la caisse en indiquant « non merci » (devant les yeux ronds des hôtes et hôtesses de caisse) et en rajoutant « j’étais juste venu manger »… vive le développement durable !! (Marc Bernardin)

Merci Marc ! Je suis d’accord avec vous. Ce serait bien si tous les parents réagissaient comme ça. Mais comment sensibiliser les parents ? Qui doit le faire et comment ? (Iulia Sala)

My tailor is rich !

Ma fille est rentrée de l’école aujourd’hui toute fière de son nouveau prénom anglais, Becky. « Très joli », je lui dis, « mais comment l’as-tu choisi ? »

Elle m’explique qu’elle n’a pas vraiment choisi. Sa maîtresse a mis des prénoms sur des bouts de papier et chaque élève a pris un papier au hasard.

« Mais comment faire pour que les garçons aient des prénoms de garçons et les filles des prénoms de filles ? », je lui demande.

« Simple ! » me dit-elle. « La maîtresse a mis des bouts de papiers de couleurs différentes. »

Et je sais à ce moment ce qu’elle va dire. En effet, la maîtresse a mis les prénoms de garçons sur des bouts de papier bleus, et… bien évidemment sur des bouts de papier roses pour les filles.

Est-ce grave ?

Oui et non.

Non, il n’y a pas mort d’homme. Non, ce n’est pas l’expression du stéréotype envers les hommes et les femmes le plus dangereux. Non, cela ne contribue pas directement à creuser les inégalités entre les hommes et les femmes.

Mais, c’est une différenciation dans la même ligne que les legos pour filles et les legos pour garçons, et qui ne sert à rien sauf à renforcer le fait que les garçons et les filles ne sont pareils. Je ne veux pas critiquer la maîtresse car c’est vraiment une bonne institutrice, mais elle aurait pu choisir d’autres couleurs ou mettre les bouts de papiers dans deux bols. Et puis nous avons tous tendance à participer à un système qui conditionne les enfants, garçons et filles, un système qui fait que les garçons veulent devenir pompiers et les filles infirmières. Il n’y a rien de mal à ce qu’une fille veuille être infirmière ni à ce qu’un garçon veuille être pompier. Mais je rêve tout bêtement d’un monde où il serait aussi facile pour ma fille que pour mon petit-fils de dire qu’elle veut devenir pompier (pompière ?!), et aussi simple pour lui que pour ma fille de dire qu’il veut devenir infirmier. Et on n’y est pas encore…

Pete Stone, septembre 2013

Réactions

@ Pete : ta réflexion m’amène à m’interroger sur le fait que la langue française attribue un « genre » aux objets.
Au delà des métiers (qui finiront pas avoir des versions H et F dans leur dénomination), est que dire « UNE baguette magique » et « UN bulldozer » ne constitue pas d’autres pistes à explorer dans une plus grande égalité ? Vivement vos prochaines petites histoires ! (Marc Bernardin)

Alors là, je n’ai aucune idée quoi répondre mon cher Marc ! Il va falloir que je réfléchisse sérieusement. Ce que je peux dire est qu’il y a une hypothèse qui s’appelle l’hypothèse Sapir-Whorf d’après laquelle la langue qu’on parle détermine la pensée.
Un exemple que j’ai toujours trouvé intéressant et qui est a priori juste est l’exemple du russe et la couleur bleu. En français et en anglais nous avons la couleur bleu et deux types de bleu, bleu clair et bleu foncé. Et nous voyons bien une seule couleur et deux « teintes ». Or en russe, les mots pour bleu clair et bleu foncé n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Ca veut dire qu’en principe les russes voient deux couleurs là ou anglais et français en voient une seule. (Pete Stone)

Il y a avait un reportage intéressant sur ce sujet sur Arte récemment : « Il, Elle, Hen » (du vendredi 7 février), sur le quotidien des deux écoles maternelles à Stockholm, pionnières de la pédagogie neutre. Je ne partage pas nécessairement le point de vue, mais il est intéressant de voir d’autres approches. Et qui sait, peut-être le diable se cache-t-il dans ces détails. Qu’en pensez-vous ?
On peut toujours voir le reportage, mais il faut payer : http://www.arte.tv/guide/fr/048395-000/il-elle-hen. (Iulia Sala)

Nous traitons en détail les mécanismes de création et de fonctionnement des stéréotypes et des préjugés dans certaines de nos conférences .

Team Jolokia, diversité, voile, performance…

Comment se fait-il qu’un Grand Breton (pas Breton) handicapé écrive un article sur la voile ? Question encore plus pertinente quand on me connaît et qu’on sait que i) je ne sais pas nager, ii) j’ai peur de la mer et iii) même si je savais  nager, avec un bras paralysé je ne nagerais qu’en tournant en rond… 🙂

Tout a commencé quand j’ai reçu un mail de l’AFMD (Association Française des Managers de la Diversité) m’invitant à participer à un petit déjeuner pour le lancement d’un laboratoire managérial avec « Team Jolokia ». Qu’était-ce donc que cela ? L’objet du mail laissait apercevoir une initiative qui sortait des sentiers battus. En lisant le mail, certaines phrases m’ont sauté aux yeux :

  • « Mettre la performance individuelle au service de la performance collective. »
  • « La diversité de l’équipe /de l’équipage constitue-t-elle un frein ou un levier de performance ? »
  • « Team Jolokia propose de soumettre au regard de chercheurs et de praticiens, l’expérimentation managériale du vécu d’un équipage de voilier de course, volontairement recruté « divers ». »
  • « Le recrutement s’est fait dans la différence sans pour autant s’appuyer sur des critères discriminatoires. »
  • « Ainsi, les candidats ont été retenus soit parce qu’ils apportent une différence à l’équipe, soit parce qu’ils apportent une forte compétence nautique. »

Il s’agissait donc de recruter un équipage aussi hétéroclite que possible pour naviguer  sur un voilier d’exception lors de courses nautiques. A la lecture du mail, j’ai été tout de suite enthousiasmé par l’idée. J’ai donc assisté à ce petit-déjeuner où les deux moteurs du projet, Eric Bellion et Pierre Meisel, ont fait une présentation du Team Jolokia. Tout m’avait impressionné. J’ai particulièrement adoré l’annonce qu’ils ont publiée pour trouver le premier équipage. La voilà sur les tee-shirts du Team:

Team Jolokia T Shirt

Oser être tellement hors normes était évidemment très attitrant pour quelqu’un qui a créé une société qui s’appelle Just Different. C’était la première fois depuis longtemps qu’un projet me séduisait complètement. J’ai donc décidé de proposer d’apporter un regard extérieur à l’aventure. C’est ainsi que Pierre m’a invité à passer une journée avec l’équipage à Lorient en juillet. J’ai donc eu le plaisir de passer une demi-journée sur ce magnifique bateau du Team Jolokia, le VO’60 (oui, j’ai bien dit plaisir !), et de discuter deux heures avec une partie de l’équipage, pendant lesquelles chacun a parlé ouvertement de sa vision de cette expérience. C’est suite à ces discussions que nous avons décidé d’élaborer un questionnaire pour récolter l’avis d’un maximum de membres de l’équipage sur leur vécu et leur ressenti de l’expérience particulière que représentait ce défi humain et sportif qu’ils avaient partagé.

Pour donner une idée de l’équipage, il comprend un analyste financier malvoyant, une jeune femme de petit gabarit de 21 ans,  un montagnard, un ancien champion de gymnastique aujourd’hui paraplégique, une étudiante qui n’avait jamais mis les pieds sur un bateau, un régisseur de théâtre originaire de cité parisienne, un chargé de communication aveugle, un ancien militaire accidenté au pied, un avocat d’affaire, un skipper professionnel. Vous pouvez voir une présentation de tous les équipiers ici.

Ce qui suit est une analyse du questionnaire et des discussions de juillet. 12 personnes ont répondu en tout. Le questionnaire ne comprenait que des questions ouvertes, ce qui explique que le total de certaines réponses dépasse 100% !

Quelles motivations pour faire partie des équipiers ?

Nous avons demandé ce qui avait motivé le fait d’être candidat et si ces motivations avaient changé par la suite.

Défi sportif, diversité et aventure

Les motivations initiales étaient assez mélangées. La moitié exprime clairement que le défi sportif et la compétition motivaient leur participation. Ils parlent de « naviguer sur un bateau d’exception » ou de leur « passion pour la  voile ». Etant donné les objectifs du projet, il n’est pas étonnant de voir que la diversité figure parmi les motivations premières d’une autre moitié. Quatre équipiers parlent de « vivre la diversité » : « curiosité d’un équipage différent », « confronter mes propres préjugés à la réalité  de la diversité », « se découvrir avec des personnes diverses ». Une personne va plus loin en disant vouloir « démontrer que la diversité est source de richesse ». Deux équipiers en parlent à la première personne : « tenter de découvrir les nouvelles limites imposées par mon handicap et m’aider à passer de la résignation à l’acceptation de ce handicap », « montrer que même malvoyant on pouvait faire de la voile et que j’avais dépassé cette difficulté ». Le lien entre ces deux aspects peut sans doute être résumé par le mot « aventure ». Différents équipiers parlent de l’envie de dépasser leurs limites, de participer à un projet humain, de profiter de  l’occasion unique de vivre une aventure extraordinaire.

Esprits d’équipe et de compétition renforcés

Quant à l’évolution de ces motivations, dans près de la moitié des cas (5/12), les motivations initiales des participants n’ont pas changé, mais elles se sont parfois renforcées. L’esprit d’équipe est devenu plus important pour un tiers des équipiers : « De la dimension personnelle, le défi a pris l’échelle d’une équipe et d’un but.  Je n’étais plus seulement curieuse de voir comment j’allais évoluer, mais aussi l’équipage et mon rôle au sein de l’équipage ». Pour deux personnes, qui étaient initialement venues pour le défi sportif, c’est la dimension humaine qui est devenue plus importante. Il était émouvant d’entendre l’une de ces personnes lors de notre après-midi de discussions dire à quel point l’équipe avait pris de l’importance. Mais il est intéressant de constater aussi qu’une personne qui était là pour l’aventure humaine a commencé à être de plus de plus motivée par la compétition.

Les forces et faiblesses perçues dues à la diversité

Les équipiers mentionnent plusieurs forces apportées par leur diversité :

  • Chacun a quelque chose de différent à apporter,
  • Il s’instaure une prise en compte naturelle des forces et faiblesses de chacun,
  • La diversité contraint à établir un climat de confiance,
  • L’équipe dispose de grandes capacités d’adaptation, motivation et cohésion.

Les commentaires sur le climat de confiance et la cohésion sont intéressants, car en général, on constate que les divergences présentes dans les équipes hétérogènes ont tendance à nuire à la confiance et à la cohésion. C’est là l’importance d’un autre élément souligné par plusieurs : celle d’un bon management pour que ces forces puissent s’exprimer. C’est précisément le management qui permet à la diversité de s’exprimer positivement. Car la diversité en soi ne crée pas la performance. Elle peut créer la performance quand elle est prise en compte et managée. Un équipier a parlé de Pierre et d’Eric comme de personnes fédératrices. Je pense que c’est l’un des rôles les plus importants d’un manager.

Il est intéressant de noter que les équipiers ont mentionné davantage de forces que de faiblesses. On a toutefois mentionné le fait qu’il est parfois difficile de se comprendre lorsque l’on est trop différent. C’est un désavantage dont on parle souvent, mais qui a une contrepartie positive : l’obligation d’écouter davantage et d’apporter une attention particulière à l’autre dans sa différence. Mais encore une fois, cela ne peut être positif que si l’équipe est fédérée autour d’un objectif commun. Les autres faiblesses mentionnées sont liées à la performance sportive. Une personne par exemple dit avoir le sentiment qu’ils ne pouvaient pas être les meilleurs car tout le monde n’avait pas les mêmes motivations sportives. A mon avis, cette dernière faiblesse est partagée par toutes les équipes. Il est difficile d’obtenir le même niveau de motivation de la part de l’ensemble des membres d’une équipe et c’est pour cette raison que de nombreuses entreprises travaillent sur la notion d’engagement.

L’effet de l’expérience sur leur vision de la diversité

La plupart des équipiers avait une vision positive et plutôt nuancée de la diversité avant de s’embarquer dans cette aventure :

  • « Paradoxe, il faut jongler, être différent mais pas trop pour être intégré… ou alors faire évoluer la mentalité de notre société vers plus de respect… »
  • « J’ai toujours soutenu l’idée que la différence ne peut qu’enrichir une société, car elle permet à chacun de se réévaluer, de se remettre en question et ainsi de ne pas se conforter dans l’idée que l’on se fait de soi-même. »
  • « Nous sommes tous bien sûr intrinsèquement différents, mais il s’agit souvent de l’existence d’univers différents, se côtoyant sans se rencontrer donc sans se connaître, et donc sans être conscients de ce que chacun peut apporter à l’autre. L’intérêt de Team Jolokia est de fabriquer un concentré de société en « forçant » ces mondes à se rencontrer alors qu’ils n’étaient pas tous a priori appelés à se croiser, et de les faire travailler ensemble dans un environnement particulièrement difficile pour arriver à un résultat performant voulu par tous. Et de montrer que c’est possible. »

L’effet de l’expérience sur leur vision de la diversité peut être résumé par le commentaire d’un équipier : « Oui, ma vision a évolué. L’effet de la diversité est beaucoup plus subtil et compliqué à la fois. » En général, la vision de la diversité a été confortée ou renforcée ou encore légèrement réorientée :

  • —« Le handicap le plus « gênant » n’est pas forcément celui qui nous saute aux yeux. »
  • Renforcement de la « conviction que la diversité  est un plus mais que l’on est encore dans le politiquement très correct et que cette diversité n’est que fort peu reconnue ou utilisée ».
  • « La diversité non seulement n’était pas un problème, mais surtout elle est toujours source d’enrichissement. Je ne pensais pas qu’elle le serait à ce point. »
  • « Le naturel fait bien les choses. »

Quelles conclusions tirer à ce stade ?

Le Team Jolokia n’en est qu’au début de ses aventures qui sont censées durer quatre années. Au moment où je rédige cet article, le deuxième équipage est en train d’être recruté. En effet, principalement pour des raisons de disponibilité (ce sont des amateurs après tout), il n’est pas possible de garder les mêmes équipiers pendant les quatre ans. Ainsi chaque année, un noyau dur restera de l‘année précédente et d’autres sont recrutés. S’il est donc trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, nous pouvons néanmoins tirer quelques premières leçons de l’expérience du Team Jolokia.

La première concerne le management. Oui, on peut dépasser nos différences. Oui, on peut faire de nos différences une force. Mais on ne peut le faire que si les managers, ici Pierre et Eric, fédèrent l’ensemble des membres de l’équipe ou de l’équipage derrière les mêmes objectifs.

La deuxième leçon concerne le handicap. Un des équipiers a dit que le handicap n’était pas forcément là où on le pensait. On exprime ici une idée que je m’évertue à répéter sur le handicap. Nous avons tendance à nous focaliser sur les choses qu’une personne handicapée ne peut pas faire et sur les compétences d’une personne non-handicapée. Or, chacun a des choses qu’il ne sait pas faire. At chacun a des compétences. Que l’on soit handicapé ou non. A bord du Jolokia, surtout au début de l’aventure, qu’est-ce qui était plus handicapant ? Le fait d’être malvoyant ou d’avoir un problème avec ses jambes ?  Ou le fait de ne rien connaître à la voile ? J’ai clairement vu le résultat du travail en équipe entre personnes handicapées et personnes non-handicapées quand j’ai eu la chance de monter à bord en juillet. Le fait d’avoir un bras paralysé était un non-sujet. Je pense bien vivre mon handicap, mais il est toujours présent. Rares sont les moments où les gens qui me rencontrent pour la première fois en font une abstraction totale. Or, c’était le cas ce jour-là. Et je peux vous dire que c’est une sensation plus qu’agréable. En revanche, le fait d’avoir peur de la mer, de ne rien connaître à la voile, voilà ce qui est handicapant. Mais ces choses aussi peuvent être dépassées avec l’esprit d’équipe et la solidarité dont fait preuve l’équipage du Jolokia.

Pour conclure cet article, je pense qu’il peut être intéressant de prendre l’exemple du handicap et de l’extrapoler vers toute population. Comme pour les personnes handicapées, nous avons tendance à associer un certain nombre de caractéristiques à différentes populations. Ce sont des stéréotypes et des préjugés et ceux-ci peuvent, par exemple, nous empêcher d’imaginer une personne appartenant à une certaine population faire certains métiers, avoir certains comportements ou certaines compétences. Il est de notre devoir de dépasser ces stéréotypes et de nous rendre compte que ce qui compte vraiment à la fin, ce sont la motivation et les compétences d’un individu.

Pour plus d’informations sur le Team Jolokia, cliquez ici.

Si vous êtes intéressé en tant qu’entreprise par un partenariat avec le Team Jolokia, cliquez ici.

Si vous aimeriez faire partie de l’équipage, il ne vous reste que quelques jours car il faut déposer votre candidature avant fin novembre. Cliquez ici.

Oui, il faut conserver le 8 mars !

Pete Stone et Patrick Scharnitzky ont mené une enquête pour savoir s’il fallait ou non conserver le 8 mars comme « Journée internationale des droits des femmes » (et non pas « La  Journée de la Femme » comme on a tendance à le dire. Nous avons reçu 562 réponses exploitables. 68% sont des femmes et, oui vous l’avez deviné, 32% des hommes.

Les résultats sont sans appel. 78% des répondant-e-s disent qu’il faut conserver cette journée.

On pourrait penser que les réponses des hommes et des femmes à cette question soient très différentes, mais non. 79% des femmes ont dit oui. Et 76% des hommes.

L’âge, en revanche, a un effet plus marqué. Seulement 71 % des 26-35 ans veulent conserver la journée, contre 80% des 36-45 ans, 77%  des 46-55 ans et 88% des plus de 56 ans. Pourquoi ? Peut-être parce que les jeunes n’ont pas encore été confronté-e-s à la réalité, contrairement à leurs aîné-e-s. Ou peut-être est-ce une génération, cette célèbre Génération Y, qui ne veut pas stigmatiser les femmes, qui considère que les femmes n’ont pas besoin d’être aidées. Quant aux plus seniors, la raison se trouve peut-être dans leur jeunesse. Ils ont grandi à une époque où les inégalités étaient sans doute plus importantes qu’aujourd’hui et où il était encore plus nécessaire d’utiliser tous les moyens pour lutter contre ces inégalités.

Mais qu’est-ce qui motive le choix des gens ? Les deux graphiques ci-dessous montrent tous les résultats. Les « oui » mettent en avant à 70% le fait que « Encore aujourd’hui, l’égalité entre femmes et hommes n’existe pas ». Ce qui est intéressant est que la réponse qui a récolté le plus de réponses parmi les « non » est « Une journée ne suffit pas. Il faut travailler sur ce sujet tous les jours. » (76% des réponses.) Et ils n’étaient que 4 à dire que « Aujourd’hui, l’égalité entre femmes et hommes existe bel et bien. » Cela veut dire que même parmi les  « non », l’immense majorité pense que les inégalités continuent d’exister.

C’est au niveau des motivations que nous avons constaté une différence dans les réponses entre les hommes et les femmes. Parmi les « oui », davantage d’hommes pensent que cette journée peut faire évoluer les mentalités (54% contre 34%). 38% des femmes estiment que cela envoie un message de soutien aux femmes alors que seulement 30% des hommes pensent la même chose. Et enfin, les hommes sont beaucoup plus nombreux à penser que cela envoie un message de vigilance aux hommes (27% contre 16%). Parmi les « non » la grande différence se trouve dans la réponse « Une journée ne suffit pas. Il faut travailler sur ce sujet tous les jours. » 88% des femmes considèrent que l’égalité entre les hommes et les femmes devrait être une préoccupation quotidienne alors que « seulement » 55% des hommes le disent.

La société Orange est arrivée à la même conclusion. Elle a donc créé une communauté sur son réseau social qui s’appelle… 364 ! Les collaborateurs seront invités à publier une pensée positive en faveur de l’égalité professionnelle, sous forme de haïku (un petit poème bref). Orange espère ainsi en récolter au moins 364 pour en publier un chaque jour.

Voilà un beau moyen de faire en sorte qu’on pense à l’égalité des chances tous les jours. Et si on y pense tous les jours, peut-être finira-t-on par créer cette égalité qui nous paraît tellement normale et qui pourtant nous échappe.

Pete Stone & Patrick Scharnitzky

Cliquez ici pour lire les nombreux commentaires que les répondants ont rédigés pour l’enquête.

Enquête 8 mars - les "oui"
Enquête 8 mars – les « oui »
Enquête 8 mars - les "non"
Enquête 8 mars – les « non » (Attention aux chiffres ! Les 9% représentent 9% des  hommes qui ont répondu « non » et qui ont motivé leur choix, soit 4 personnes.)

Commentaires rédigés pour l’enquête sur le 8 mars menée par Just Different et Valeurs & Développement

Vous trouvez ci-dessous les commentaires qui es répondants ont rédigés pour l’enquête sur le 8 mars menée par Just Different et Valeurs & Développement.

Les « oui » femmes

Il reste tant à faire qu’il est important de garder des moments dédiés. L’idéal serait que ce ne soit plus nécessaire. Tant que des femmes sont maltraitées, violentées, brutalisées dans le monde il est important d’attirer l’attention.

Il s’agit d’une journée internationale des droits des femmes. Aujourd’hui dans le monde des femmes sont lapidées, sont arrosées d’acide et brûlées, sont tuées au nom d’un droit de vie et de mort sur elles, sont mutilées. Pas d’indépendance, pas d’accès aux études… la liste est longue. Alors oui, une journée pour ne pas les oublier et attirer l’attention et l’opprobre mondiale sur ces maltraitances iniques. Effectivement elle est superfétatoire pour les femmes de notre culture qui ne vivent pas ces situations extrêmes du seul fait qu’elles sont … femmes mais si tout n’est pas idéal et qu’il faut rester vigilantes sur des reculs toujours possibles.

En fait, en tant que femme je déteste cette journée mais c’est quand même un moyen de mettre le sujet au centre de l’actualité, et d’organiser des débats un peu partout ! Ça ne fera pas changer les mentalités mais c’est une façon de remettre le point dans le top of mind de la société…

Si cela ne devient pas un gimmick marketing tel que celui promu par les JT (« pensez à offrir une rose à votre femme ») cette journée doit être maintenue. Ce n’est pas la journée de la femme, mais celle de lutte pour les droits des femmes. Et c’est un combat important trop peu porté par les hommes. Les femmes forment la catégorie d’humains la plus discriminée et mal traitée, or ce n’est pas une communauté (communauté de vie et de valeurs, ce n’est pas un groupe culturel ou choisi ; cela rend la lutte très compliquée. Les attaques du masculinisme se multiplient, et il est difficile de lutter car le masculinisme est un courant de pensée pas un mouvement ou une association établie et visible. Son action est pernicieuse. La lutte, le combat s’impose. Et l’affirmation que ce combat est celui de tous, est soutenu par les états des démocraties, qu’il est officiel est juste est très importante.

Je ne me reconnais pas spécialement dans cette journée, et je n’aime surtout pas le côté « offrons une rose à toutes les femmes le 8 mars ». Une journée dans l’année pour se préoccuper des femmes, c’est quand même peu. Mais je pense que c’est malgré tout l’occasion de faire un statut sur la situation des femmes dans notre pays, sur le plan professionnel mais aussi social et personnel (on reparle souvent à cette occasion des violences faites aux femmes). C’est plus une opération politique, mais c’est souvent nécessaire pour déclencher des prises de position (projets de loi, ou autres).

L’égalité parfaite entre l’homme et la femme n’existera jamais. D’ailleurs moi-même en tant que femme je ne réclame pas une égalité parfaite mais au moins un équité plus juste au niveau de la gestion des carrières notamment lorsque l’on devient maman. Choisir d’être maman implique moins de disponibilités au travail c’est évident, fini les heures supplémentaires car il faut être à l’école pour son enfant à 18h30. Et pourtant ne peut-on pas avoir un poste à responsabilité en terminant son travail 18h ? Moi je pense que oui. Travailler jusque 20h est ce gage de qualité? Je pense que Non. Doit-on rester jusque 20h au bureau pour évoluer ? Non. Voilà les questions que je me pose en tant que femme.

Je trouve que dédier une journée à l’année pour l’équitabilité des femmes est important. Malgré qu’homme et femme ne seront jamais pareils, il faut améliorer les différences de traitement entre les deux: conditions de travail, violence, droits diffèrents dans les pays… Il aura certainement des différents moyens, mais celui-là peut-être est le plus facile à mettre en place internationalement.

Peut-être l’occasion d’un échange dans les couples.

L’égalité femmes-hommes a régressé ses dernières années.

On est sur le registre du symbolique. Une journée de la femme ne change rien en soi. Elle est par contre une opportunité pour mettre en exergue des problématiques, en dehors de situations extrêmes ou de drames largement médiatisés. « A froid », en dehors de l’émotionnel, on peut regarder des situations sur des droits qui peinent à exister… L’égalité des personnes n’est pas un objectif en soi. C’est l’égalité des droits qui est intéressante. Et puis ce qui a été gagné en France ne l’est pas partout… Ne soyons pas trop nombrilistes…

Ces derniers mois ont encore été marqués par des faits divers qui démontrent que la femme n’est toujours pas considérée comme étant l’égale de l’homme. Dans certains pays, les mentalités n’évoluent pas. C’est aussi une façon de dire aux femmes du monde entier qu’elles sont soutenues et qu’elles ne sont pas seules. Dans les pays « évolués » les discriminations et le machisme n’ont pas disparues.

Insister sur des postes de management ouvert aux femmes pour lutter contre le plafond de verre.

Je pense que dès l’école primaire, les enfants devraient être informés sur l’égalité des droits homme/femme.

Si je doute de l’impact d’une telle journée sur la population d’un pays comme la France (il semble que quand on atteint un certain niveau de « modernité », il devient plus difficile de se remettre en question sur des sujets de ce type!), c’est son caractère international qui est important et qui permet d’apporter un message de soutien aux femmes du monde. Je pense cependant que le traitement de cette journée par les médias n’est pas optimisé et devrait être l’occasion de reportages, dossiers, portraits, etc… afin d’aller plus loin encore dans l’analyse de la situation des femmes.

Il est important de ne pas baisser la vigilance. L’égalité est loin d’être acquise et l’on a trop tendance à prendre ce combat comme acquis et réglé. Les femmes ont encore trop de mal à concilier vie perso et vie pro et à trouver dans l’entreprise des places à la hauteur de leurs compétences. Les femmes ont une vraie valeur ajoutée dans l’entreprise et sont complémentaires des hommes, elles sont un atout pour qui sait les employer à leur juste valeur.

Cette journée peut sembler ridicule vue par le bout de notre lorgnette française, mais il suffit de regarder ce qu’il se passe dans le monde pour comprendre que cette journée internationale a ses raisons d’être. Il faut aussi veiller, car la relative égalité entre les hommes et les femmes, acquise dans notre pays grâce au « combat » de nos parents (femmes et hommes aussi) peut très vite basculer.

Encore trop de violences faites aux femmes dans le monde.

Ma réponse tient compte tant de la culture Française et de ses horribles machos, manipulateurs, etc. mais aussi et surtout de tous les pays où la femme est malheureusement enfermée, pas reconnue et battue lamentablement. Cela dit ce débat est un débat énorme, il faut effectivement faire des catégories, ne pas tout mélanger et surtout mettre les bons mots où ils doivent être, savoir ce que l’on entend par différence et par inégalité entre les hommes et les femmes.

N’ayons pas une vision trop occidentale ou pays développés des choses. Il reste beaucoup à faire partout dans le monde pour les femmes et cette journée est maintenant sous l’égide de l’ONU. En France, c’est l’occasion pour les media de parler des femmes et pour les entreprises et associations d’organiser des événements. C’est un peu comme les quotas, on n’aime pas ça mais ça fait avancer les choses.

Cela ne signifie pas que les autres jours de l’année ne sont pas les journées des droits des hommes! Cela permet de rappeler que l’égalité entre les sexes n’existe pas toujours et de faire des focus sur des thèmes tels que la maltraitance des femmes, l’inégalité de rémunération… qui ne sont pas toujours abordés par les médias

C’est le minimum, les problèmes d’égalité, de parité ne sont pas réglés et ce petit rappel à l’ordre annuel permet sur quelques jours de mobiliser les esprits.

Cette journée en tant que telle ne résout rien mais tout au moins, un jour par an, les media se penchent sur le sujet, des opérations spéciales ont lieu, des enquêtes sur le sujet sont lancées (;+)). Mieux vaut une fois par an que… jamais !

C’est peut-être le moyen d’attirer l’attention sur la condition des femmes et des fillettes dans d’autres pays en Afrique notamment ou en Chine .

Il y a aujourd’hui des « Journées » pour tout…. mais c’est une manière d’avoir une « niche » visible au moins ce jour-là dans le grand bazar médiatique. Même si c’est un marronnier, certains journalistes ou reporters ont l’idée d’aller un peu plus loin et effectivement de traiter de problèmes dont on n’entendrait sinon jamais parler. A nous de leur donner des idées, les problématiques liées au genre sont multiples et très différentes selon les cultures, mais chacune a sa place dans le concert médiatique.

Il me semble important de rappeler que le droit des femmes n’est pas si ancien que ça – même dans un pays comme la France. Nous avons un devoir de mémoire. Par ailleurs, dans certains pays l’égalité hommes / femmes est loin d’être acquise.

Cette journée de rappel des consciences a toujours beaucoup de sens, parce que les inégalités, les traitements déplacés, les maltraitances sont toujours bien vivantes. Mais franchement cet anniversaire intéresse-t-il, sensibilise-t-il vraiment qui ce que soit.

Utile… à condition d’avoir le bon cadrage et les bons éléments de langage… on observe malheureusement un usage maladroit (voire commercial), des prises de paroles contre-productives qui risquent de braquer hommes et femmes.

Il serait aussi très intéressant d’aborder cette journée et cette question sous l’angle de la complémentarité entre les hommes et les femmes et non pas sous l’angle de la lutte, de montrer que d’aborder cette question permet aussi d’aborder d’autres thèmes qui sont liés à l’humanité, à l’individu, au fonctionnement de notre société, etc… et que cela peut être une formidable opportunité de pouvoir répondre aussi aux attentes des hommes dans leur vie de tous les jours ! Réfléchir à cette question permet du mieux au 2 sexes, en toute égalité !

Messages pour les femmes dans le monde où les droits sont bafoués.

Je suis pour le maintien de cette journée mais je ne suis pas sure que cela suffise… Disons qu’à minima, un peu de médiatisation ne peut pas faire de mal!

Je reste un peu sur la réserve quant au maintien de cette journée. A la fois il est bon de la garder pour évoquer certains agissements, certaines pratiques et en même temps je trouve dommage qu’il y ait besoin de cette journée.

Cette journée à mon sens n’est pas seulement réservée au sujet de l’égalité entre femmes et hommes mais aussi au combat permanent des femmes qui souhaitent préserver un équilibre entre leur vie de femme, vie de maman et vie professionnelle.

Le mot « International » est souvent mis de côté. Le droit des femmes en France, certes, il reste à faire mais la majorité d’entre nous (et oui, j’en suis une) sont libres (outre ce fameux plafond de verre et les aléas lié à la maternité dont on parle souvent), libres de circuler, de lire, de jouer, de travailler, de porter des pantalons (ouf le texte d’interdiction en France vient d’être aboli…) Cette journée, pour moi, est l’occasion de porter le regard sur les droits que ne possèdent pas des milliers de femmes et de jeunes filles (l’instruction, le soin, la détente -sport notamment). Comment « droits » se transforme en « égalité », ça reste pour moi un mystère alors que les barèmes pour être policier ou pompier sont plus accessibles pour ces dames or il me semble que les voleurs eux n’adapteront pas leur vitesse de course et que les victimes (ou les collègues) à extraire ne pèseront pas moins lourd… L’intitulé de cette journée est galvaudé par les médias transformé en égalité à tout va alors que cette idée est pour moi un simple leurre si on ne lui accole pas de qualificatif. Revenir à l’idée basique de droits me paraît bien l’essentiel et l’objectif de ce 8 mars….

Dans plusieurs pays les droits des femmes sont encore loin d’être respectés.

C’est un sujet à ne pas oublier, surtout dans des pays où les droits de la femme sont pratiquement inexistants.

Il est dommage que l’on pense que seule cette date soit dédiée aux droits des femmes.

Il n’y a pas assez de place, il y a trop de choses à dire…. lol

C’est une bonne piqûre de rappel.

Ce sujet est loin d’être anodin dans beaucoup de pays ou situations et puisque les journalistes ont besoin de journée ou de semaine (SEPH) à thème pour être dans l’actualité et bien gardons là, en espérant que dans quelques années sans la supprimer on « l’oubliera » parce que devenue sans objet !!

Parfois la femme oubli d’être femme, d’être féminine, c’est mère, c’est femme de ménage, c’est le compagnon, le support, c’est un accessoire, elle et doit avoir son moment réservé pour elle-même.

CEPENDANT, je trouve que cette journée est trop souvent l’occasion de railleries, y compris de la part des femmes elles-mêmes, et mal comprise. Cela se transforme en une « journée de la jupe » où les entreprises cosmétiques en profitent pour nous vendre encore plus de conneries. Bref, je trouve que la communication sur cette journée est un ratage total. OUI à une journée de la jupe, si tout le monde sait qu’il s’agit de montrer ses jambes pour toutes celles qui n’ont pas le droit de les montrer… Pourquoi ne pas changer de symbole chaque année ? Une journée du plafond de verre ?

Il est intéressant de ne pas être dans des positions extrêmes : Sans féminisme exacerbé (c’est pas drôle de ne travailler qu’avec des femmes !!!) ni négation de difficultés réelles qu’ont certaines femmes à être reconnues pour ce qu’elles sont… Ce qu’ont gagné nos mères et grands-mères suppose une vigilance pour celles qui ne parviennent pas à le faire valoir ! Une femme, fière de l’être, bien dans sa tête, reconnue comme telle, et aimant bien travaillé aussi avec des hommes !

Pour la 1ere question il ne s’agit pas d’égalité entre femmes et hommes mais de DROITS EGAUX entre femmes et hommes.

Au-delà du ton léger que certains ne manquent pas encore d’utiliser pour cette journée, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, y compris de la part des femmes ! J’ai vu un bébé (la petite fille marchait à peine!) pousser un landau rose avec un bébé dedans !!! ET LA GRAND MERE ETAIT FIERE !!!

J’aurais plutôt dit « un message de vigilance pour les femmes ». Cette journée pourra être supprimée le jour où – à poste égal les femmes seront autant payées que les hommes – les femmes ne feront plus l’objet de remarques sexistes dans la rue ou sur un écran de télévision – on n’utilisera plus – il y aura autant de femmes ministres que d’homme (et pas des secrétaires d’état) – ou le mot directrice ne renverra pas obligatoirement à l’école mais pourra évoquer une femme qui dirige une entreprise – où tous les titres, fonctions et métiers seront utilisés au féminin comme au masculin sans faire hurler les puristes de la langue français – où les masculin ne l’emportera sur le féminin qu’au titre de la majorité et non par principe.

Etant données les progrès à faire, 1 journée c’est le minimum ! Mais le combat féministe des années 70 est dépassé…

Pour moi, c’est surtout pour se rappeler qu’à l’étranger en particulier, des femmes vivent des situations très difficiles et qu’il est bon de rappeler haut et fort la nécessité de l’égalité Homme – Femme

Des inégalités sont mis en avant et donc les hommes ne peuvent pas faire comme si cela n’existe pas !

Une journée « PARITE » plus que de « la femme » serait plus judicieuse pour éviter les discriminations et évoquer aussi les évolutions de l’homme pour la femme. La tendance féministe type « MLF » n’est plus attendue et représentative des populations actives.

Le 8 MARS, c’est le jour de naissance d’un petit garçon juif dans l’empire austro- hongrois et qui était mon père!!! Le 8 Mars1921, Lénine décrète la journée de la femme… Le 8 Mars, c’est une journée de retour sur soi, en effet, comment ne pas se souvenir des luttes ouvrières pour de meilleures conditions de travail, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour le droit à l’IVG, aux moyens de contraception, à l’information et à la prévention. C’est l’occasion de rappeler aux jeunes générations que rien n’est acquis et que la vigilance est toujours d’actualité. En effet, encore à ce jour, des petites filles sont mutilées, tuées parce qu’elles sont des filles. Les garçons, les hommes se doivent d’être concernés et être des porte-paroles pour qu’enfin les hommes et les femmes puissent vivre ensemble sans se combattre. J’ai un profond respect pour les femmes qui ont lutté pour leur droit de vote.

Les choses bougent mais il reste encore beaucoup à « équilibrer » concernant la condition de la femme au plan professionnel, sociétal, familiale, ….

Au niveau du salaire il y a encore des inégalités entre les femmes et les hommes.

Ou bien la remplacer par une journée sur la Diversité !

Journée internationale de lutte pour les droits des femmes – tout est dans ce titre. On parle à tort de la « journée de la femme » et les médias utilisent ce terme ce qui est une hérésie. Dans mon village, le maire organise la soirée de la femme avec un repas et une soirée dansante… ouverte aux femmes de plus de 18 ans. On tombe là dans une caricature crasse de cette fameuse « journée de la femme » qui élude la véritable problématique de l’égalité homme femme, de la différence de traitement, de considération…

J’ai répondu « oui » 1ère réponse pour maintenir la « Journée internationale de lutte pour les droits des femmes » parce que l’intitulé me semble cohérent. Je suis souvent partagée le 8 mars, sur le bien-fondé de cette journée. Cependant, nous avons « la chance » en France, comparé à d’autres pays d’avoir une certaine liberté, d’expression, de mouvement. Cette journée pourra être abolie le jour où une femme qui réussit professionnellement n’est pas une salope qui couche et le jour ou un homme qui collectionne les femmes devient un salaud et un moins que rien. Il reste encore beaucoup de chemin pour faire évoluer les mentalités… en France et encore plus de chemin dans certains pays ou la femme reste inféodée à son mari.

Et il y a plusieurs niveaux de lecture, l’égalité au travail, l’égalité salariale, l’égalité en dehors de la sphère de l’entreprise dans certains pays pour la dignité humaine…

Idéalement, j’aimerais que l’on n’ait pas de journée dédiée, qui prouverait que nous sommes tous sur un pied d’égalité. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Avoir une journée consacrée permet de mettre en lumière certains faits et réalités. Et si ce n’est pas une raison pour les oublier dès le lendemain, c’en est une pour que celle-ci existe encore… pour le moment.

Cela peut être une occasion d’envoyer à des femmes dans la détresse (détresse sociale et familiale notamment) un message de soutien positif qui peut leur rappeler qu’elles ont des droits et des moyens juridiques pour préserver leurs intérêts.

C’est une occasion de rappeler aux hommes et femmes de nos pays occidentaux, qu’encore aujourd’hui de nombreuses personnes dans le monde sont victimes de traitements inacceptables simplement parce qu’elles sont des femmes / petites filles.

Il y a TANT d’inégalités qui existent encore et il faut continuer à faire ce qu’on peut pour changer cela.

Parce qu’il vaut mieux une journée que rien du tout mais c’est tous les jours qu’il faudrait faire quelque chose tant la condition des femmes reste précaire dans la plupart des pays, y compris dans nos soi-disant pays civilisés.

L’égalité salariale n’existe pas. Et il y a encore un machisme rampant dans la façon de traiter verbalement les femmes

On peut débattre longuement sur ce sujet et trouver autant de partisans que de contradicteurs… De mon point de vue, les pays dans lesquels on doute de l’utilité de cette journée ont « atteint » une égalité acceptée socialement, même si elle reste à parfaire dans les faits (répartition des tâches ménagères, temps partiel subi…). Mais ce n’est pas le cas partout, dans de nombreux pays les femmes ne peuvent pas conduire, s’habiller comme elles veulent, travailler, se déplacer, sans contrôle masculin. Pour les femmes de ces pays, la journée mondiale de lutte pour le droit des femmes est un signe d’espoir, et pour tous l’occasion de rappeler leur condition, de forcer l’ouverture des mentalités qui les contraignent. Merci pour ces intéressantes questions !

Difficile de trouver la bonne appellation pour cette journée : pas trop condescendante et pas trop ouvertement féministe. Le terme de « Lutte » rappelle le féminisme des années 70, plus trop en vogue aujourd’hui (en occident). Une journée « simplement » pour « les droits des femmes » serait peut-être moins connotée.

Il ne faut juste pas l’abandonner, ce serait un signe que tout est résolu, ce serait trop facile! Fausse barbe alors…

Ce qui peut marquer les esprits, c’est célébrer la journée dans l’année où le salaire moyen annuel des femmes est atteint.

Trop souvent appelée la journée de la femme ou la fête des femmes, cette journée me semble aujourd’hui détournée de sa finalité première, notamment dans les pays occidentaux et dits développés.

C’est aussi un moyen de mettre en avant certaines réalités de ces inégalités et surtout de lui donner une vision internationale, car dans beaucoup d’autres endroits au monde, les femmes n’ont aucun droit.

C’est important que ce sujet soit abordé pour faire évoluer les mentalités tout en étant vigilent à ne pas rentrer dans le militantisme féministe.

C’est une journée internationale et si la situation s’améliore en occident, il est important de rappeler que ce n’est pas partout le cas dans le monde.

Cette journée permet aussi d’honorer les femmes qui se sont battues dans le passé, pour que les générations suivantes puissent avoir les mêmes droits que les hommes.

Le problème de la parité, ce n’est pas les femmes, c’est la vision qu’ont les hommes sur les femmes.

Cela permet d’échanger sur le sujet et quelques fois de faire évoluer les opinions de certains et certaines. Symboliquement cela me semble important.

C’est la journée de lutte pour les droits des femmes et c’est une manière de rappeler qu’il y a encore bien trop peu d’espaces où les droits des femmes sont respectés et tant que ce ne sera pas le cas, il faut communiquer sur le sujet pour éviter une banalisation de cet état de fait ou éviter que certains hommes se fasse des films en imaginant que les femmes ont pris le pouvoir et justifient des comportements aussi machistes que délirants comme l’actualité vient de nous en donner un exemple affligeant.

C’est une occasion de réfléchir et débattre sur la place des femmes.

A l’échelle de la planète, les femmes disposant du droit à la naissance, aux soins, à l’éducation, à l’emploi rémunéré, au libre choix de leur mari, au libre choix de concevoir des enfants, au droit de vote, à la liberté de circuler, au libre choix de leur tenue vestimentaire, à la liberté sexuelle, à l’héritage et à la retraite à l’égal des hommes sont un îlot minoritaire… Et mêmes ces privilégiées se voient encore refuser l’accès aux postes de décision dans les entreprises, en politique et dans les institutions religieuses.

Cela soutient les femmes qui en dehors de nos frontières ne sont pas respectées. En France, cela n’a pas de réel intérêt car tout le monde s’en fout.

Important de préciser que le 8 n’est qu’une date symbolique mais qu’il faut travailler pour la parité et l’égalité 365 jours sur 365.

C’est l’occasion d’aborder un thème important de différentes manières : médiatique, artistique, politique, humoristique.. et bien d’autres « iques » encore!

Les « oui » hommes

En France et pays développés cela se justifie moins, par contre dans les pays du Maghreb ou en Afrique cela se justifie.

La hiérarchisation des critères de la question 2 aurait été intéressante.

Les messages véhiculés lors de cette journée peuvent être à double tranchant. En effet, travailler pour l’égalité femmes/hommes (ou inversement) est souvent bénéfique tant pour les femmes que pour les hommes. L’émergence de réseaux féminins et d’actions visant spécifiquement les femmes, ne devrait, à mon sens, pas conduire à une mise à l’écart des hommes. Au contraire, les actions initiées ont tout intérêt à inclure le plus largement possible hommes et femmes (ex. : associer des hommes aux débats, ne pas faire de la parentalité une problématique uniquement féminine, etc.) pour permettre à toute la société d’évoluer. Cette démarche permet d’associer femmes et hommes autours de questions importantes, sans les opposer. Pour autant, elle ne doit pas conduire à la négation de problématiques féminines ni même minimiser l’ampleur des inégalités constatées.

Peut-on observer des différences dans les résultats de sondages sur la satisfaction des élus dans les pays où la participation des femmes dans la vie politique est plus importante ? (Suède …)

Oui mais attention aux divers noms donnés à cette journée. Ca va de la fête des femmes à la journée de la femme.

Cela devrait être préparé par le ministère/les organismes, avec un gros kit de com sur toutes les données et écarts H/F Stéréotypes Salaires Responsabilités Vie domestiques Viol/Violence etc.

Sensibilisation aux différentes situations de la femme dans le monde.

Je n’ai pas coché la première case car je considère qu’il y a tout de même beaucoup d’aspects où nous avons réellement fait évoluer les mentalités. Donc formuler la question en parlant d’égalité qui n’existe pas cela me semble beaucoup trop fort.

La route de la non-discrimination est longue. Tant que les media se montrent réceptifs, c’est l’occasion d’évoquer ce sujet, les progrès accomplis, les chantiers en cours, les bastions à prendre.

C’est un moyen de sensibiliser celles et ceux qui n’ont pas l’opportunité quotidienne de se confronter à ce sujet.

Au-delà des inégalités de paie en Europe, il y a des problèmes encore plus grave dans le monde concernant le traitement des femmes (en Inde notamment)…et il faut qu’on les médiatise.

Voici un excellent article sur le NYtimes : « Why Gender Equality Stalled » http://www.nytimes.com/2013/02/17/opinion/sunday/why-gender-equality-stalled.html?pagewanted=all&_r=1&

Cette journée reste, malheureusement, indispensable car il est nécessaire de rappeler que les droits entre femmes et hommes ne sont toujours pas égaux. Si certains pays, comme la France, accordent des droits égaux pour les hommes et les femmes, la réalité paraît parfois bien éloignée des textes de loi, notamment dans les sphères économiques et les entreprises (voir le rapport du forum économique mondial 2012 place la France…57e sur 133 en matière d’égalité f/h). Par ailleurs, il est bon de souligner que cette journée n’est pas celle de « la femme », mais celle « des droits des femmes » au niveau international.

Dans l’absolue je suis contre cette journée!

Vous n’indiquez pas de quelle population ni de quelle culture ni dans quel environnement, professionnel, privé, social, politique ,vous parlez.

J’espère qu’un jour, nous pourrons supprimer cette journée, en particulier en ce qui concerne les violences et la discrimination au travail. Peut-être faut-il aussi dire aux mères que leur déification de leur fils contribue à reproduire un modèle à revoir.

Les droits de la femme sont encore bafoués dans de nombreux pays… C’est pour moi la principale raison de maintenir cette « journée internationale des droits de la femme ».

Les avancées sociales et sociétales passent également par des actes symboliques. Les femmes sont parmi les premières victimes du chômage, de la précarité, et de la pauvreté.

Cette journée, comme la semaine du handicap ou tout autre sujet marqué par une journée, peut être abordé sous des aspects très différents. Donc peut être accueilli de la même manière. Qu’est-ce que l’on fait de cette journée.

Toutes les réponses suggérées mériteraient d’être cochées.

Pour moi, le niveau de civilisation de toute organisation humaine doit en priorité absolue s’analyser à l’aune du degré d’égalité femme/homme. Et il faut faire très attention aux dérives perverses. Par exemple, le Qatar qui ne passe pas pour être un modèle d’égalité femme/homme s’achète une belle image en donnant aux supporters du PSG une équipe de foot haut de gamme ; ce faisant, on sacrifie les discriminations faites aux femmes au Qatar pour la « beauté » du sport. En quelque sorte, chaque fois qu’Ibrahimovic marque un but, il « zlatan » les femmes du Qatar.

A quoi cela sert-il depuis le départ ? Bilan action/résultats.

Cette journée devrait être l’occasion de rappeler que dans beaucoup de pays, en particulier dans ceux où règne la charia, les femmes n’ont aucune liberté fondamentale. Pour rester dans le politiquement correct ces pays ne sont pas stigmatisés comme ils devraient l’être.

Une journée comme celle-ci a du sens si le sujet est traité tous les jours 🙂

Cette journée est un paradoxe car elle met en relief un retard fondamental sur la place des femmes dans nos sociétés. « Une journée pour les femmes » traduit non seulement l’état d’avancement pitoyable de nos sociétés sur le sujet mais aussi la place qui leur est accordée au même titre que certaines minorités ou publics en difficulté ou enjeux planétaires brûlants : Journée du Handicap, semaine du Développement Durable, etc.) Ce sont tous les jours que les femmes devraient être à l’honneur car elles réalisent le double exploit de mener de front vie personnelle et vie professionnelle dans nos sociétés occidentales, car elles acceptent d’être dans l’ombre ou dans le noir sous leurs burka ou abbayas, car il leur est souvent demandé de faire plus et de faire mieux que les hommes pour une reconnaissance parfois proche du cynisme ou de l’insulte, parce qu’elles sont LE point d’équilibre et pacificateur indispensables à la bonne progression de la société et du monde, parce qu’au-delà des affronts, des humiliations, des obstacles qui leurs sont imposés, elles continuent à avoir un regard bienveillant et plein d’espérance sur les hommes et sur le monde. Aussi, une journée leur est consacrée. Rien que pour elles. Un acte de mansuétude qui ne tire pas une fois de plus les hommes vers le haut mais qui permet cependant de faire toutefois un point d’éclairage sur les femmes en danger ou victimes d’injustices dans le monde entier. Une journée qui ne dure que 24 heures alors qu’elle devrait être répétée 365 jours par an. Signé : un homme qui aime les femmes.

La multiplication des « journées » a affaibli malheureusement la valeur de cette lutte plus importante que toutes les autres puisqu’elle concerne la moitié de l’humanité… Mais ce n’est pas une raison, au contraire, pour l’abandonner !

Les « non » femmes

On consacre une journée par an pour « les femmes », ce qui sous-entend que les 364 autres jours ne sont pas nos jours!! Insupportable!

La journée de la Femme… c’est chaque jour… tout comme celle de l’Homme !

Je pense que ce type d’initiative ne sert à rien.

Je ne suis pas sûre que cela soit célébré en Afghanistan, en Iran ou même en Egypte. Alors pourquoi en faire une journée à thème pour pays occidentaux développés ???

Il y aura égalité lorsqu’il existera aussi une journée de l’homme.

Et pourquoi il n’existe pas une journée de l’homme?

Employée depuis 14 ans de la même collectivité, je refuse depuis plus de 10 ans le « cadeau » de la femme, ainsi que la journée de congé accordée. Soit les employés hommes et femmes sont traités de manière égale, ont les mêmes chances d’accéder aux postes importants, les mêmes rémunérations et dans ce cas je ne vois pas pourquoi être en possession d’un utérus me donne droit à plus de congés que mes collègues masculins, soit ce n’est pas le cas et mon employeur se doit d’établir l’égalité avec des mesures concrètes et pas avec des babioles agitées sous nos nez chaque 8 mars…

D’expérience, le combat se mène plus efficacement au quotidien, au sein de sa propre entreprise, en se faisant reconnaître par une compétence démontrée équivalente à celle des hommes (voire supérieure pour certains d’entre eux) et en faisant valoir le droit à l’égalité (traitement / promotion) qui en résulte sur des bases objectives, que par une revendication stigmatisante centrée sur une seule journée.

Cette journée n’est hélas pas l’occasion de parler du droit des femmes mais est davantage devenue un business pour… les fleuristes et chocolatiers ! Cette journée n’est pas comprise, d’autant qu’elle est souvent appelée « journée de la femme », ce qui donne lieu à des blagues faciles (« 364 jours sont pour l’homme » etc.) et sexistes.

C’est pour moi une redondance que de parler des droits de la femme quand on parle déjà des droits de l’Homme. Les femmes n’ont qu’à faire leurs preuves et elles obtiendront leur part sur le plan économique et social, dans la famille et dans les organisations publiques.

C’est l’égalité des droits entre les hommes et les femmes dont il faut parler et non de l’égalité entre les hommes et les femmes (ce point de vue est totalement stérile car inatteignable !!).

Ceci est valable pour la France. La situation est bien différente dans d’autres pays bien sûr !

Ce n’est pas un handicap d’être une femme!

Beaucoup d’avancées dans le domaine, et pourtant tellement reste à faire ! Le travail doit se faire au quotidien sur le long terme, beaucoup d’associations se consacrent à l’égalité homme-femme, on sait que l’évolution des mentalités est très lente, et même si un homme n’est pas capable de trouver un pot de moutarde dans le frigo… Oups est-ce un stéréotype ? Un constat ? L’héritage d’un lourd passé ? En tout cas, consacrer une journée à la lutte pour les droits des femmes a perdu son sens puisqu’en fait, ce jour-là on vous dit « bonne fête » ou on vous apporte une rose… Un peu déplacé non ?

Les « non » hommes

Cette journée sert surtout à nous bourrer le mou sur de fausses analyses concernant de vraies réalités…

Le nom n’est pas forcément approprié « Journée de l’égalité entre tous » serait bien mieux à mon avis.

Il faudrait peut-être rassembler davantage en parlant d’une semaine contre toutes les inégalités qui ne touchent pas que des femmes. Avec des jours thématiques (homme/femme, diversité, handicap etc.) et une communication ciblée sur les engagements et les résultats de tous les secteurs d’activités. Pas que sur les grands groupes qui disposent de cellules de « communication » bien plus performantes que leur politique RH.

Combat estampillé « femme » un peu dépassé, il faut poursuivre l’harmonisation des traitements h/f et aller au-delà.

Plutôt que de convoiter de soi-disant avantages aux hommes en les culpabilisant, valoriser au quotidien leurs vraies qualités seraient plus bénéfique à tous…

C’est un stéréotype de société qu’il faut combattre par l’éducation dès le plus jeune âge. Cela implique que les parents soient capables de changer leurs comportements et leurs visions.

Il faut des lois plus dures contre le sexisme.

Les entreprises n’ont pas le temps ni les moyens de traiter les 18 critères 1 par 1.

Le nom n’est pas forcément approprié « Journée de l’égalité entre tous » serait bien mieux à mon avis.

Éducation et formation permanente sont clés !

Comme lu ailleurs, il y a tellement de « journée de » que ça perd de son sens et de son impact. Il faut être plus ferme sur le plan législatif mais quand on voit la bande de machos ringards gouvernant à l’assemblée (cf. réaction lors de certains débats sur les tenues vestimentaires de madame Duflot entre autres) on se rend bien compte que ce n’est pas prêt de changer…

Je suis pour une approche globale de la Diversité et non pour le traitement unique ou prioritaire de tel ou tel des 18 critères discriminants.

C’est juste une occasion pour ceux qui les méprisent de se donner bonne conscience et pour celles qui violentent les hommes d’être encouragées à le faire !!!

La journée de la femme, est l’occasion d’une propagande éhontée où l’on mélange vrais problèmes, faux problèmes et visions binaire du monde…

Trop facile d’offrir des fleurs que à St Valentin et pour le 8 mars. Il faudrait se souvenir de nos proches (hommes/femmes) plus souvent et plus naturellement.

L’année 2012 pour Just Different

2012 était  une année riche pour Just Different :

  • De nombreuses formations sur la diversité en général, mais aussi de plus en plus de sollicitations pour des formations sur l’égalité professionnelle et sur le handicap.
  • Après avoir animé les tables rondes de la conférence annuel de Hanploi 2 ans de suite, Pete Stone y a participé en 2012 en tant qu’expert.
  • L’animation de plusieurs tables rondes : sur la diversité pour INSA Rouen, sur le handicap pour l’AGEFIPH et pour des entreprises.
  • Des conférences sur le handicap, la diversité et l’interculturel.
  • Diverses missions de conseil : mise en place d’une politique diversité au niveau européen, audit d’un système d’information recrutement, mise en place de programmes de mentoring en France et à l’étranger, audit de politique diversité, étude sur les stéréotypes liés au genre menée avec Patrick Scharnitzky, rédaction d’un guide sur l’évolution professionnelle dans la diversité…

8 mars : Les femmes ont-elles besoin d’une journée?

Le billet d’humeur qui suit à été écrit par mon collègue Patrick Scharnitzky de Valeurs et Développement. N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Le 8 mars est la « journée internationale de lutte pour les droits des femmes » et non pas la « journée de LA femme » comme les médias nous la présentent. C’est un détail lexical, mais qui résume assez bien la banalisation de cette journée qui est devenue au fil du temps un moment de « bonne conscientisation » sociale. Mais LA femme n’est pas un objet social comme LE SIDA ou LE tabac. LES femmes constituent un groupe social avec toutes ses complexités, ses hétérogénéités et ses différences. Parler de LA femme revient donc à stigmatiser les femmes et à « officialiser » leur infériorité prétendue en leur réservant une journée (sur 365). Alors faut-il l’abolir ?
Dans le même temps, c’est un moment utile de réflexion pour tous et de visibilité pour les associations de défense des droits des femmes. C’est aussi une occasion unique de focaliser l’attention des médias, des politiques et de l’opinion publique sur les inégalités et les injustices dont elles sont l’objet. En ce qui nous concerne, c’est une occasion de sensibiliser les acteurs professionnels à la question de l’égalité des chances. Alors faut-il la maintenir ?
Peu importe ! Ce débat est intellectuellement flatteur mais totalement stérile.
Il est en revanche urgent et nécessaire de changer radicalement l’angle d’attaque sur la question. Nous avons une approche qui repose sur 5 principes :
1. Les femmes et les hommes ne viennent pas de deux planètes différentes. C’est un leurre médiatique qui fait vendre mais qui ruine les dynamiques d’équipe ;
2. Les différences entre les femmes et les hommes sont construites par l’environnement culturel et n’ont quasiment rien de génétique. Il est donc possible de faire évoluer les unes et les autres sur les envies et les compétences dans l’entreprise ;
3. Même si elles existent, ces différences ne justifient jamais un rapport de force légitime. Il est donc inutile de se demander qui est le meilleur mais plutôt comment utiliser chacun en fonction de ses particularités ;
4. Les conflits entre femmes et hommes ne mettent pas en scène de méchants agresseurs et de gentilles victimes. L’incompétence n’a pas plus de sexe qu’elle n’a d’âge ou de nationalité. Les stéréotypes sont co-construits, toujours partagés et souvent internalisés par les femmes elles-mêmes qui peuvent se manifester par de l’autocensure (voir l’étude IMS « stéréotype et genre » dont nous avons la responsabilité scientifique).
5. Il est donc nécessaire de réfléchir à la question de l’égalité de traitement dans un modèle de co-action entre femmes et hommes. Ensemble.
Alors profitons du 8 mars pour penser sans stigmatiser et pour avancer sur la question des droits DES femmes sans tomber dans le piège de la célébration de LA femme. Ne lui envoyez donc pas des fleurs…

Le 8 mars est la « journée internationale de lutte pour les droits des femmes » et non pas la « journée de LA femme » comme les médias nous la présentent. C’est un détail lexical, mais qui résume assez bien la banalisation de cette journée qui est devenue au fil du temps un moment de « bonne conscientisation » sociale. Mais LA femme n’est pas un objet social comme LE SIDA ou LE tabac. LES femmes constituent un groupe social avec toutes ses complexités, ses hétérogénéités et ses différences. Parler de LA femme revient donc à stigmatiser les femmes et à « officialiser » leur infériorité prétendue en leur réservant une journée (sur 365). Alors faut-il l’abolir ?

Dans le même temps, c’est un moment utile de réflexion pour tous et de visibilité pour les associations de défense des droits des femmes. C’est aussi une occasion unique de focaliser l’attention des médias, des politiques et de l’opinion publique sur les inégalités et les injustices dont elles sont l’objet. En ce qui nous concerne, c’est une occasion de sensibiliser les acteurs professionnels à la question de l’égalité des chances. Alors faut-il la maintenir ?

Peu importe ! Ce débat est intellectuellement flatteur mais totalement stérile.

Il est en revanche urgent et nécessaire de changer radicalement l’angle d’attaque sur la question. Nous avons une approche qui repose sur 5 principes :

  1. Les femmes et les hommes ne viennent pas de deux planètes différentes. C’est un leurre médiatique qui fait vendre mais qui ruine les dynamiques d’équipe ;
  2. Les différences entre les femmes et les hommes sont construites par l’environnement culturel et n’ont quasiment rien de génétique. Il est donc possible de faire évoluer les unes et les autres sur les envies et les compétences dans l’entreprise ;
  3. Même si elles existent, ces différences ne justifient jamais un rapport de force légitime. Il est donc inutile de se demander qui est le meilleur mais plutôt comment utiliser chacun en fonction de ses particularités ;
  4. Les conflits entre femmes et hommes ne mettent pas en scène de méchants agresseurs et de gentilles victimes. L’incompétence n’a pas plus de sexe qu’elle n’a d’âge ou de nationalité. Les stéréotypes sont co-construits, toujours partagés et souvent internalisés par les femmes elles-mêmes qui peuvent se manifester par de l’autocensure (voir l’étude IMS « stéréotype et genre » dont nous avons la responsabilité scientifique).
  5. Il est donc nécessaire de réfléchir à la question de l’égalité de traitement dans un modèle de co-action entre femmes et hommes. Ensemble.

Alors profitons du 8 mars pour penser sans stigmatiser et pour avancer sur la question des droits DES femmes sans tomber dans le piège de la célébration de LA femme. Ne lui envoyez donc pas des fleurs…

Patrick Scharnitzky, Valeurs et Développement.

Femmes, nous avons besoin de vous !

La journée de la femme. Une journée dans l’année où les femmes passent avant les hommes. C’est la moindre des choses. Si l’on regarde l’actualité, on voit bien que les discriminations envers les femmes dans  l’emploi persistent, même si il y a lieu d’être (un peu) optimiste.

Le vendredi 5 mars, La HALDE a publié son rapport 2009. 6,5% des réclamations reçues en 2009 concernent le sexe. Louis Schweitzer, le président sortant de La HALDE, s’est toujours étonné de ce faible taux. D’après lui, les femmes ont tellement intégré la discrimination à leur égard qu’elles ne portent pas plainte. Je pense qu’il a raison. Le taux de réclamations sur le motif de l’état de grossesse atteint lui 2,5% en 2009. En soi, c’est un taux assez faible, mais il représente une augmentation de 60% par rapport à 2008. Y a-t-il eu plus de discriminations envers les femmes enceintes en 2009 ? Je  ne le pense pas. Je pense plutôt que les femmes commencent à ne plus accepter la discrimination comme un état de fait et revendiquent davantage leurs droits. C’est une très bonne chose.

Le « Rapport Gresy » publié en juillet 2009 nous donne une montagne d’informations sur la situation des femmes dans les entreprises. Citons celles qui concernent la gouvernance des entreprises en France :

  • 10,5% de femmes dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40
  • 13,5% de femmes dans les comités de direction / comités exécutifs des 500 premières entreprises françaises (42% de ces entreprises n’ont aucune femme dans ces instances)

« Mais tu as évoqué des raisons d’être optimistes ! », me direz-vous. Oui, car à côté de ces chiffres nous commençons à en voir d’autres qui montrent l’intérêt des entreprises à féminiser leur encadrement et leur comité de direction. Et l’intérêt des entreprises est un argument plus fort que d’évoquer l’illégalité de la discrimination ou de faire appel aux valeurs morales.

La société de conseil McKinsey a publié deux études passionnantes, Women Matter 1 et Women Matter 2. D’après celles-ci, les entreprises ayant la  plus grande proportion de femmes dans leur comité de direction ont également une meilleure performance financière. Il serait dangereux de créer un lien direct de causalité entre ces deux phénomènes, mais la question mérite d’être posée.

Le cabinet de conseil en recrutement et RH, Hudson, a également publié une étude intéressante : « How women differ from men as leaders » ou « Et si l’homme de la situation se révélait être une femme ? ». L’étude montre que les femmes leaders ont souvent abandonné leur comportement naturel  afin d’accéder à des postes de direction et ont adopté un comportement « typiquement masculin ». Comme dit le communiqué de presse : « Les femmes seraient de meilleurs leaders que es hommes, si on leur permettait de capitaliser sur leurs propres points forts : l’ouverture d’esprit, le sens du consensus, et l’ouverture au changement ».

Enfin, une étude sera publiée dans le numéro d’avril de la revue du CNRS Travail sur les performances des entreprises du CAC 40. D’après cette étude, les entreprises ayant un taux d’encadrement féminin d’au moins 35% ont une meilleure croissance de leur chiffre d’affaires, une meilleure rentabilité et ont embauché davantage de collaborateurs.

Des raisons donc d’être optimiste. A condition que les dirigeants des entreprises lisent les bonnes études !